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Yom Kippour

Yom Kippour

10 Tishri -

Le jour le plus solennel du calendrier juif

La Tora désigne cette journée par les termes de Yom ha-kippourim (jour des expiations), Chabbat Chabbaton (Chabbat du repos solennel). Il est également dénommé Yom ha-din (jour du jugement), du fait qu’il vient sceller le jugement de Dieu prononcé à Roch Roch
Rosh
Roch - Rabbi Acher ben Yehiel (Achkenaze et Espagne, 1250 - 1327) : il fut un important décisionnaire dont la particularité fut d’intégrer les traditions sefarades et achkenazes. Il est l’auteur de Piskei ha-Roch, de commentaires sur le Talmud* et de nombreux responsa. Rosh veut dire tête en hébreu.
ha-Chana et nous octroie ainsi l’opportunité suprême et optimale de nous amender de nos fautes. Jadis, en ce jour le plus saint de l’année, lorsque nous étions encore une nation rassemblée sur notre terre, le Grand-Prêtre, le plus saint d’entre les hommes, pénétrait au cœur du Temple de Jérusalem, dans le Saint des saints, l’endroit le plus saint de la terre, pour y accomplir le culte le plus sacré de l’année.

Malgré l’exil et la destruction du Temple, le souvenir du rituel de ce jour est resté profondément ancré dans la conscience juive animée par le devoir sacré d’œuvrer pour l’avènement d’un monde meilleur. Par les résolutions de nos cœurs, de réparer le mal commis, de regretter sincèrement nos méfaits et de nous résoudre fermement à nous amender, Dieu consent encore et toujours à nous accorder le pardon, à effacer nos fautes et à rendre possible notre purification. Le rituel de Kippour vise donc, par retournement, à déculpabiliser la conscience mais par la reprise de responsabilité et non par pure indulgence ou par la seule vertu du culte et de la grâce divine. Il convient à ce titre de rappeler que nos Sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l’ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C’est la traduction d’une expression hébraïque : "H’azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". ont enseigné que Dieu ne pardonne les fautes commises envers nos prochains qu’à la condition préalable de faire œuvre d’humilité : en réparant nos fautes mais aussi en sollicitant la réconciliation avec ceux envers qui nous avons été trop malveillants et en accueillant avec clémence et amour, autant que faire se peut, les regrets de ceux qui nous auraient offensés.

"Le dixième jour du septième mois, ce sera pour vous une sainte convocation, et vous mortifierez vos âmes..." (Lévitique 23, 27).

On observe en ce jour un jeûne de 25 heures, du coucher du soleil à l’apparition de trois étoiles le lendemain, au cours duquel on prie avec une ferveur toute particulière. Ce jeûne, contrairement aux autres jeûnes, privés ou publics, y compris celui de Tisha Beav, est le seul à avoir préséance sur le Shabbat. Donc si Kippour tombe un Shabbat, on jeûnera quand même.

Observances

Yom Kippour est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive. Son thème central est le pardon et la réconciliation.

Lévitique 16:30 : "Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel."

Lévitique 16:31 : "Ce sera pour vous un shabbat shabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle".

Du verset 16:31, les Sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l’ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C’est la traduction d’une expression hébraïque : "H’azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Shabbat (par exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la mishna Mishna
Michna
Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
Yoma 8:1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques, du port de la "sandale" (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale.

L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil par un repas Seouda mafseket. Elle se termine à la nuit du lendemain.

Les enfants ne jeûnent pas ou partiellement.

Les personnes à la santé fragile doivent faire attention et sont autorisées à manger et boire un peu dans certaines conditions.

Aussi convient-il de rappeler que le devoir de « mortification » (jeûner, ne pas se laver, ne pas porter de chaussures en cuir, ne pas se parfumer ou se frictionner, s’abstenir de l’intimité conjugale), en ce jour de Kippour, ne doit pas être entendu comme l’indice d’une dévalorisation des corps, d’un idéal ascétique ou d’un déni de la joie de vivre. Il est une mise en condition spirituelle, l’expression tangible de notre vulnérabilité qui induit à l’humilité. Il nous fait ressentir charnellement la finitude de notre vie corporelle pour qu’elle soit réinvestie sous le signe de l’espérance et de la sagesse. Il nous invite à exprimer la confiance totale dans l’amour de notre Créateur et dans les valeurs qu’Il nous inculque. Aussi cette mortification doit-elle être vécue comme une revitalisation dans la joie austère et la grandeur du discernement moral. Elle fait alors de nous, durant ce jour exceptionnel, des êtres dégagés des considérations matérielles, à l’instar des serviteurs célestes de Dieu évoqués dans les prophéties d’Ezéchiel et d’Isaïe.

La coutume est de privilégier les vêtements blancs en signe de pureté et les ashkénazes, en signe d’humilité, portent même le "kittel", sorte de robe blanche en coton simple dans laquelle on est censé se faire enterrer.

"Yom HaKippourim absout des péchés envers Dieu, mais pas des péchés envers son prochain à moins que le pardon de l’offensé ne soit obtenu" (Mishna Mishna
Michna
Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
Yoma 8:9).

Pour cette raison, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne. Le processus commence lors de la période de dix jours entre Rosh Roch
Rosh
Roch - Rabbi Acher ben Yehiel (Achkenaze et Espagne, 1250 - 1327) : il fut un important décisionnaire dont la particularité fut d’intégrer les traditions sefarades et achkenazes. Il est l’auteur de Piskei ha-Roch, de commentaires sur le Talmud* et de nombreux responsa. Rosh veut dire tête en hébreu.
Hashana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux auxquels on pardonne à Yom Kippour.

La veille de Yom Kippour

Il est de coutume de manger un grand repas, la seoudat hamafseket après la prière de minha Minha Prière de l’après midi. Porte le nom d’un sacrifice végétal offert quotidiennement au Temple. précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Sépharades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Beaucoup ont également coutume de manger un autre repas riche en poisson avant celui-là.

Certains s’immergent dans un mikve Mikvé
Mikve
Mikveh
Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
en signe de purification.

Cinq offices

Les offices de Kippour sont au nombre de cinq, particularité qui tient à l’ajout de l’office de Néila qui non seulement clôture cette journée sainte mais en constitue le point culminant. Après plus de vingt-quatre heures de jeûne, juste à la tombée du jour, avant que les « portes de la miséricorde » ne se referment, nous invoquons pour une dernière fois notre Juge souverain, pour qu’Il accepte avec tendresse notre repentir.

Ces cinq offices sont autant d’étapes par lesquelles, nous entrons dans la fragilité de la contrition jusqu’aux tréfonds de l’introspection pour nous rappeler à nos devoirs de créatures façonnées à l’image de Dieu.

Le soir de Kippour est le seul office nocturne où les fidèles de la communauté portent le Talit Talit
Talith
Châle de prière dans lequel on s’enveloppe, comportant des Tsitsit (franges) aux quatre coins, symbolisant la Loi. On le porte le jour mais pas la nuit (sauf le soir de Kippour ou par l’officiant chez les ashkenazim). Des femmes commencent à mettre également le Talit de nos jours.
(châle de prière). Le Talit Talit
Talith
Châle de prière dans lequel on s’enveloppe, comportant des Tsitsit (franges) aux quatre coins, symbolisant la Loi. On le porte le jour mais pas la nuit (sauf le soir de Kippour ou par l’officiant chez les ashkenazim). Des femmes commencent à mettre également le Talit de nos jours.
étant en principe un vêtement de jour et non de nuit, les coutumes divergent : certains en prononcent la bénédiction avant de s’en envelopper, tandis que d’autres s’en abstiennent.

La prière commence Kol Nidré spécifique à Yom Kippour, qui doit être récité avant le coucher du soleil, en présence des rouleaux de Tora sortis solennellement. L’office du soir (maariv Arvit
Maariv
Office du soir, comportant bénédictions du Shema, Shema et Amida. Les jours de Shabbat et fêtes il est agrémenté de chants supplémentaires.
ou arvit Arvit
Maariv
Office du soir, comportant bénédictions du Shema, Shema et Amida. Les jours de Shabbat et fêtes il est agrémenté de chants supplémentaires.
), qui comporte un service de Seli’hot seli'hot "Pardons". Prières juives de pénitence récitées à partir du mois d’Eloul jusqu’à Yom Kippour, ainsi que certains jours de jeûne. (demandes de pardon) et de viddouï ("confession") particulièrement étendu. Chaque juif demande à Dieu de pardonner ses propres fautes et celles de la communauté.

L’office du matin est plus long qu’à l’habitude. Des seli’hot seli'hot "Pardons". Prières juives de pénitence récitées à partir du mois d’Eloul jusqu’à Yom Kippour, ainsi que certains jours de jeûne. sont mêlées à la liturgie habituelle.

L’office de Moussaf est, comme à Rosh Roch
Rosh
Roch - Rabbi Acher ben Yehiel (Achkenaze et Espagne, 1250 - 1327) : il fut un important décisionnaire dont la particularité fut d’intégrer les traditions sefarades et achkenazes. Il est l’auteur de Piskei ha-Roch, de commentaires sur le Talmud* et de nombreux responsa. Rosh veut dire tête en hébreu.
Hashana, particulièrement long car enrichi de piyoutim Piyout
Piyoutim
Poème liturgique. Il en existe des centaines et il s’en écrit encore. Certains sont très célèbres, d’autres moins. On en ajoute à la liturgie selon les circonstances, les airs sont très variables d’une région à une autre.
.

Une évocation du rituel sacrificiel dans le Temple de Jérusalem est traditionnellement mise en exergue tant durant la Avoda ("service"), qui se trouve dans l’office de moussaf et relate les cérémonies sacrificielles avec force détails.

La congrégation se prosterne à chaque fois que l’on évoque dans la récitation le moment où le Cohen Cohen
cohanim
Prêtre de la tribu de Lévi qui servaient dans le Temple de Jérusalem. Privilège héréditaire transmis de père en fils depuis Aaron, frère de Moïse.
De nos jours le Cohen n’a plus qu’un rôle honorifique dans le judaïsme.
Gadol prononçait le Tétragramme.

Les enfants ou proches des défunts, durant la cérémonie de Yizkor, rappellent la mémoire de leurs parents disparus.

Minha Minha Prière de l’après midi. Porte le nom d’un sacrifice végétal offert quotidiennement au Temple. de Kippour est agrémenté d’une lecture de la Tora particulière et de celle du livre de Jonas.

Neila Neila
Neïla
"fermeture". Office particulier à Yom Kippour. Entre le coucher du soleil et la nuit. Il correspond à la "fermeture" des portes du ciel aux prières particulières à Kippour et à l’époque du Temple à celles du Saint des Saints.
est spécifique à Yom Kippour, c’est le moment le plus important de cette longue journée. une ambiance très particulière règne à ce moment.

Neila Neila
Neïla
"fermeture". Office particulier à Yom Kippour. Entre le coucher du soleil et la nuit. Il correspond à la "fermeture" des portes du ciel aux prières particulières à Kippour et à l’époque du Temple à celles du Saint des Saints.
se termine par la récitation du Kaddish Kadish
Kaddich
Kaddish
"Sanctification" : prière en araméen récitée au cours de la prière publique, après l’étude de la Torah et entre les différentes parties de la prière. Certaines formes du Kadich sont réservées aux endeuillés. Il existe plusieurs versions du Kadich, adaptées au contexte dans lequel il est récité. Le Kadich fait partie des devarim chebekedoucha *.
Titkabal, au cours duquel on sonne le shofar et du Shema Shema
Chema
Profession de foi du judaïsme proclamée deux fois par jour matin et soir et affirmant l’unité divine et le devoir d’aimer Dieu, d’étudier la Tora, la transmettre et appliquer ses commandements.
Israël énoncé de façon particulièrement solennelle ce qui marque la conclusion du jeûne. Les "portes du Ciel" se referment.

Lecture de la Tora

Le chapitre 16 du Lévitique le matin, description de la cérémonie de Kippour au Temple avec notamment le fameux "bouc émissaire" chargé symboliquement des fautes d’Israël et jeté au désert.

La Haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
est particulièrement belle. Isaïe 57,14 - 58,14 :

"Celui qui crée [la parole], fruit des lèvres : "Paix, paix, dit-il, pour qui s’est éloigné comme pour le plus proche ! Je le guérirai," ainsi parle l’Eternel. Mais les pervers sont comme une mer houleuse, qui ne peut s’apaiser et dont les eaux bouillonnent de limon et de fange. Point de paix, dit mon Dieu, pour les méchants !
(...)
Oui, vous jeûnez pour fomenter querelles et dissensions, pour frapper d’un poing brutal ; vous ne jeûnez point à l’heure présente pour que votre voix soit entendue là-haut. Est-ce là un jeûne qui peut m’être agréable, un jour où l’homme se mortifie lui-même ? Courber la tête comme un roseau, se coucher sur le cilice et la cendre, est-ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour bienvenu de l’Eternel ? Mais voici le jeûne que j’aime : c’est de rompre les chaînes de l’injustice, de dénouer les liens de tous les jougs, de renvoyer libres ceux qu’on opprime, de briser enfin toute servitude ; puis encore, de partager ton pain avec l’affamé, de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile ; quand tu vois un homme nu, de le couvrir, de ne jamais te dérober à ceux qui sont comme ta propre chair !

C’est alors que ta lumière poindra comme l’aube, que ta guérison sera prompte à éclore ; ta vertu marchera devant toi, et derrière toi la majesté de l’Eternel fermera la marche. Alors tu appelleras et le Seigneur répondra, tu supplieras et il dira : "Me voici !" Oui, si tu bannis de ton sein toute oppression, le geste violent et la parole malfaisante, si tu témoignes ta bienveillance à l’affamé et rassasies celui qui est torturé par le besoin, ta lumière brillera au milieu des ténèbres, et ta nuit sera comme le plein midi. Et constamment l’Eternel te guidera, il prodiguera à ton âme des jouissances pures, et fortifiera tes membres ; et tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante, dont les eaux ne causent aucune déception. "

le chapitre 18 du Lévitique à Minha Minha Prière de l’après midi. Porte le nom d’un sacrifice végétal offert quotidiennement au Temple. , liste des interdits sexuels graves, notamment l’inceste.

Le Livre de Jonas est lu comme haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
l’après-midi.

Pour écouter la liturgie de Kippour

http://massorti.com/-Liturgie-de-Ki...

Messages

Kippour (texte de vulgarisation)

Merci pour votre contribution à mettre la Torah à la disposition de ceux qui peuvent s’en trouver privés pour des raisons de géographie. Hashem vous bénisse !
Ceci est un besoin très très urgent. Pouvez-vous mettre à ma disposition le texte Sépharade ou ashkénaze du Sédèr ha’Avoda de Kippour.
Puisse ce service vous être compté comme une tsédaqah en cette veille de Kippour.
Léshanah tovah tikatév !
Laurent Betsalel ELOUNA

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