Accueil > Judaïsme > Histoire juive > Regard sur Israël

Peuple du livre

Peuple du livre

Le marché du livre en Israël -

35 millions d’exemplaires vendus chaque année, pour de 6,8 millions d’habitants. Ce qui constitue, même pour le peuple du Livre, une sacrée performance.

Le chiffre d’affaires de l’édition israélienne s’élève à environ 360 millions d’euros. D’un autre côté, le livre qui est soumis à une TVA de 15,5 % reste un produit plutôt cher en Israël. Son prix moyen tourne autour de 44 euros en littérature et 28 euros pour un livre de jeunesse. Cette situation doit être nuancée, car, en fait, aucun acheteur ne paie au prix fort : l’immense majorité de la production, et notamment les nouveautés, sont vendues en promotion.

Près de 7 000 titres par an sont publiés en Israël, dont les neuf dixièmes en hébreu. Cette inflation éditoriale a entraîné une baisse des tirages moyens (2 000 exemplaires pour une nouveauté en fiction). Dans cette catégorie, un titre vendu à 5 000 exemplaires figure déjà sur les listes de best-seller - contre 20 000 il y a quelques années. Autre spécificité du marché : 24 % des livres produits sont religieux

L’édition israélienne demeure très concentrée. Trois maisons généralistes Keter, Kinneret Zmora-Bitan Dvir et Yediot, se partagent plus de la moitié de la production. En outre Yediot appartient au plus grand quotidien d’Israël, Yediot Aharonot, tandis que le groupe Kinneret Zmora-Bitan Dvir est associé à la chaîne de librairies Tzomet (60 magasins) et la maison d’édition Keter à à la chaîne Steimatzky (150 magasins). Ces deux réseaux contrôlent, selon les éditeurs, entre 60 % et 80 % du marché de la distribution. En marge de ces grands pôles éditoriaux, il existe les maisons d’édition historique, attachées dès l’origine au projet sioniste. Deux d’entre elles, créées il y a plus de soixante ans, Am Oved et Hakibutz-Hameuchad, ont toujours pignon sur rue. Les presses universitaires, comme celles de Tel-Aviv ou de Haïfa, cherchent à diversifier leur lectorat en vulgarisant les travaux de recherche.

Enfin, depuis la fin des années 1980, l’édition israélienne a vu éclore une kyrielle de petites maisons dynamiques. Daniella De-Nur (1988), qui édite de la littérature jeunesse ; Carmel (1987) tournée vers la littérature étrangère ; Babel (1995), pionnière pour la défense de l’indépendance éditoriale ; Xargol (1998) centrée sur la littérature hébraïque contemporaine ; Books in the Attic (1988) dont les domaines clés sont la philosophie, les sciences et la santé ; Bookworm (1999) connue pour ses ouvrages de psychanalyse, d’architecture et de design ; Resling (2000) très en pointe sur les nouveaux discours critiques de la pensée contemporaine.

Ces petits éditeurs rencontrent en revanche des difficultés pour placer leurs ouvrages les plus exigeants sur le marché israélien : les deux principaux distributeurs préfèrent favoriser les titres des maisons qui dépendent d’eux.

La littérature israélienne s’exporte bien, mais elle reste majoritairement traduite en anglais. Le français n’arrive qu’en quatrième place derrière l’allemand et l’espagnol.

Ecrivains contemporains

Eli Amir

Né en 1937 à Bagdad, Eli Amir a été conseiller aux affaires arabes du premier ministre israélien et directeur général du ministère de l’intégration. Il dirige la division des jeunes immigrants au sein de l’agence juive. Son autobiographie romanesque, Bouc émissaire, l’a rendu célèbre en Israël, et son roman Yasmine est traduit en français chez Maren Sell.

Aharon Appelfeld

Né à Czernowitz (Roumanie) en 1932, émigré en 1946 dans la Palestine sous mandat britannique, Aharon Appelfeld, diplômé de l’université hébraïque de Jérusalem, enseigne la littérature à l’université Ben-Gourion du Néguev. La majorité de ses ouvrages concernent la vie des juifs en Europe avant et pendant la seconde guerre mondiale. Parmi ceux-ci : Histoire d’une vie (L’Olivier, prix Médicis étranger 2004, et Points), Floraison sauvage (Points), Katerina (Points), L’Héritage nu (L’Olivier, 2006)...


Gabriela Avigur-Rotem

Née à Buenos Aires en 1946, émigrée en Israël en 1950, Gabriela Avigur-Rotem a étudié les littératures anglaise et hébraïque. Elle dirige des ateliers d’écriture dans les universités d’Haïfa et du Néguev, et est éditrice aux Presses universitaires d’Haïfa. Elle est lauréate en France du prix Wiso pour son roman Canicule et oiseaux fous (Actes Sud, 2006).

Benny Barbash

Dramaturge, écrivain et scénariste, Benny Barbash est né en 1951 dans le sud d’Israël. Traduit en plusieurs langues, son premier roman, My First Sony (1994), est publié en France chez Zulma (2008).

Ron Barkaï

Né à Jérusalem en 1943, Ron Barkaï est professeur d’histoire médiévale à l’université de Tel-Aviv. Il est l’auteur de nombreux livres sur les relations entre juifs, musulmans et chrétiens dans l’Espagne médiévale. Parmi ses ouvrages traduits : Les Infortunes de Dinah : le livre de la génération (Le Cerf, 1991) et Comme un film égyptien (Fayard, 2007).

Orly Castel-Bloom

Née en 1960 à Tel-Aviv, Orly Castel-Bloom est considérée comme la chef de file d’une génération d’écrivains qui a révolutionné les lettres hébraïques ces vingt dernières années.

Lauréate de nombreux prix dont le prix Wiso et le prix Leah-Goldberg, elle a publié chez Actes Sud, Dolly City (1993, reparu en "Babel"), Où suis-je ? (1995), La Mina Lisa (1998), Les Radicaux libres, (2003), et Parcelles humaines (2004). Dernier ouvrage paru : Textile.

Lizzie Doron

Née en 1953, Lizzie Doron a vécu dans un kibboutz avant de revenir, pendant la guerre de Kippour, à Tel-Aviv où elle entreprend des études de sciences cognitives et de linguistique. Pourquoi n’es-tu pas venue avant la guerre ? (éd. Héloïse d’Ormesson) est son premier livre.

Israël Eliraz

Né à Jérusalem en 1936, Israël Eliraz a publié des romans, dix pièces de théâtre et six opéras avec le compositeur Joseph Tal. Ce polyglotte, fin connaisseur de la langue française, supervise lui-même ses traductions et se consacre aujourd’hui à la poésie. Parmi ses nombreux ouvrages traduits, signalons, chez José Corti, Comment entrer dans la chambre où l’on est depuis toujours (2003), Dîner avec Spinoza et des amis (2004), Chez Thomas Bernhard à Steinhof (2006) et Août à la limite des choses perdues (2007), ainsi que Est-ce que ça bouge dedans (Le Taillis Pré, 2006).

Haïm Gouri

Né en 1923, l’écrivain et cinéaste Haïm Gouri a étudié la littérature et la philosophie à l’université hébraïque de Jérusalem et publié des recueils de poèmes, des nouvelles et un journal de la guerre d’indépendance dans le Néguev. Lauréat des prix Sokolov et Bialik pour Face à la cage de verre : le procès Eichmann, Jérusalem 1961 (éd. Tirésias, 1996), il est aussi l’auteur de L’Affaire chocolat ("10/18", 2005).

Michal Govrin

Née en 1950, romancière, poétesse et directrice de théâtre, Michal Govrin a publié huit livres, dont deux romans. Auteur d’une thèse sur le théâtre sacré contemporain, elle a dirigé des mises en scène de Beckett, Martin Buber ou Jean-Claude Grumberg. Elle est notamment l’auteur de Sur le vif.

David Grossman

Né en 1954, cette figure majeure de la littérature israélienne a fait des études de philosophie et de théâtre à l’université hébraïque de Jérusalem et a été correspondant à la radio nationale Kol Israel. Il fait partie avec Amos Oz et A.B. Yehoshua des fondateurs de La Paix maintenant, qui oeuvre en faveur du dialogue entre Israéliens et Palestiniens et pour la création d’un Etat palestinien. Parmi ses ouvrages traduits : Les Exilés de la Terre promise (Seuil, 1998), Tu seras mon couteau (Seuil, 2000), Duel à Jérusalem (Seuil, 2003), L’Enfant zigzag (Points 2004), Quelqu’un avec qui courir (Points 2005). Dernier ouvrage paru : Dans la peau de Gisela.

Amir Gutfreund

Né à Haïfa en 1963. Après des études de mathématiques, il s’est engagé dans l’armée de l’air, où il a aujourd’hui le grade de lieutenant-colonel. Son premier roman Les gens indispensables ne meurent jamais (Gallimard, 2007) a reçu le prix Sapir.


Alon Hilu

Né en 1972, Alon Hilu écrit des pièces pour le théâtre et la radio israélienne après des études d’art dramatique à l’université de Tel-Aviv. Son premier roman, La Mort du moine (Seuil, 2008), a reçu le prix de la littérature du Président de la République.

Shifra Horn

Née à Jérusalem, diplômée d’archéologie, d’études bibliques et de communication, journaliste, Shifra Horn est l’auteur de quatre romans, d’un recueil de nouvelles et de deux livres pour enfants. Parmi ses ouvrages traduits, tous aux éditions Fayard : Quatre mères (2001), Tamara marche sur les eaux (2004) et Ode à la joie (2007).

Miron C. Izakson

Né en 1956, il a fait des études de droit et de philosophie à Jérusalem. Parmi ses ouvrages traduits, un roman, Les Femmes de Nathan (Stavit, 2001), et des recueils de poèmes, Nés en Israël (Stavit, 2004) et L’homme connaît toute nostalgie (Caractères, 2008).

Sayed Kashua

D’origine arabe, Sayed Kashua (dessin) est né en 1975 dans un village de Galilée et a fait ses études à Jérusalem. Critique de cinéma et éditorialiste à l’hebdomadaire Hair, il collabore au supplément culturel et politique du quotidien Haaretz. Parmi ses ouvrages traduits : Les Arabes dansent aussi (10/18, 2006), et Et il y eut un matin (Points, 2008).

Judith Katzir

Née en 1963, Judith Katzir a fait des études de littérature et de cinéma à Tel-Aviv. Elle enseigne l’écriture créative à l’université et est également éditrice chez Hakibbutz Hameuchad/Siman Kriah.

Son premier roman, La Mer est là, ouverte (Joëlle Losfeld, 2003) a reçu le prix Wizo. Egalement traduit : Chère Anne (Joëlle Losfeld, 2008).

Etgar Keret

Né en 1967, écrivain, scénariste de BD, acteur et cinéaste, Etgar Keret est considéré comme le chef de file de la jeune littérature israélienne. Les Méduses, son dernier film réalisé avec sa femme, Shira Gefen, est sorti en France en 2007. Parmi ses ouvrages traduits : La Colo de Kneller (Actes Sud, 2001), Crise d’asthme (Actes Sud 2002 et Babel), Un homme sans tête et autres nouvelles (Actes Sud, 2005).

Alona Kimhi

Née en 1966 en Ukraine, immigrée en Israël en 1972, Alona Kimhi a fait des études de théâtre à l’académie Bet Zvi et entamé une carrière de comédienne. En 1993, elle commence par publier des pièces de théâtre avant de se tourner vers la littérature. Parmi ses ouvrages traduits : Lily la tigresse et Suzanne la pleureuse (Gallimard, 2007 et 2003).


Ron Leshem

Né en 1976, journaliste et éditeur pour les quotidiens Yedioth Ahronoth (1998-2002) et Maariv Arvit
Maariv
Office du soir, comportant bénédictions du Shema, Shema et Amida. Les jours de Shabbat et fêtes il est agrémenté de chants supplémentaires.
(2002-2006), Ron Leshem a remporté le prix Saphir en 2006 et le prix littéraire Yitzhak Sadeh pour son premier roman, Beaufort, huis-clos de jeunes soldats dans une forteresse du Sud-Liban, qui vient d’être traduit (Seuil).

Adapté au cinéma par Joseph Cedar, le film a obtenu l’Ours d’argent au Festival de Berlin en 2007 et a été sélectionné pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2008.

Savyon Liebrecht

C’est dans les années 1950 que Savyon Liebrecht (née à Munich en 1948) émigre en Israël. Etudiant la philosophie et la littérature à l’université de Tel-Aviv, elle commence à publier en 1986 des romans, des nouvelles ainsi que des scénarios pour la télévision et des pièces de théâtre. Son premier livre de nouvelles a reçu le prix Alterman. Le recueil Un toit pour la nuit qui parut chez Buchet-Chastel/Caractères est son premier livre traduit en France.

Mira Maguen

Après avoir enseigné dans le primaire, Mira Maguen, qui est née à Kfar Saba, étudie la psychologie et la sociologie avant de devenir infirmière à Jérusalem.

Elle commence à écrire au début des années 1990. Son quatrième roman, et le premier traduit en français, Des papillons sous la pluie, vient de paraître au Mercure de France.

Edna Mazya

Née en 1949 à Tel-Aviv, Edna Mazya a commencé à écrire pour le cinéma avant de se lancer dans le théâtre. Dans ce domaine, elle est considérée, selon le quotidien Haaretz, comme la "première dame du théâtre israélien".
Son roman Radioscopie d’un adultère est publié chez Liana Levi.

Sami Michael

C’est à Bagdad en 1926 qu’est né Sallah Menasse. Après avoir émigré en 1947 en Iran puis deux ans plus tard en Israël, celui qui se nomme aujourd’hui Sami Michael va entamer des études en psychologie et en littérature arabe à l’université de Haïfa.
Son premier roman, Equal and More Equal, a été primé en Israël et en Allemagne. En 2006, Une trompette dans le Wadi est paru chez Calmann-Lévy.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?