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Religion et laïcité en Israël

Religion et laïcité en Israël

La question est complexe et déchire la société israélienne entre démocrates et fondamentalistes.

Sondage en 2011

Une étude menée par l’institut de sondages Rafi Smith à l’approche de la fête de Rosh Roch
Rosh
Roch - Rabbi Acher ben Yehiel (Achkenaze et Espagne, 1250 - 1327) : il fut un important décisionnaire dont la particularité fut d’intégrer les traditions sefarades et achkenazes. Il est l’auteur de Piskei ha-Roch, de commentaires sur le Talmud* et de nombreux responsa. Rosh veut dire tête en hébreu.
Hachana, le nouvel an juif, révèle que 56 % des juifs israéliens souhaitent la séparation de l’État et de la religion (35 % beaucoup et 21 % plutôt). À l’inverse, 28 % y sont fermement opposés.

Une analyse plus fine des résultats laisse apparaître l’opposition entre le monde religieux et le monde laïc à l’intérieur de la société israélienne : 85 % des juifs ultraorthodoxes, 87 % des orthodoxes Orthodoxie
orthodoxe
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
et 54 % des juifs traditionnels s’opposent à cette séparation quand 80 % des juifs sécularisés la défendent. Les ultraorthodoxes sont même 51 % à s’opposer à la liberté de religion en Israël.

Ce sondage, commandé par l’association Hiddush pour la liberté religieuse et l’égalité et conduit auprès de 800 personnes représentatives de la population adulte juive israélienne, montre d’ailleurs que, parmi les tensions internes à la société israélienne, la fracture entre ultraorthodoxes et laïcs est devenue le premier sujet d’inquiétudes pour 37 % des personnes interrogées, suivie par les tensions entre droite et gauche, entre riches et pauvres, entre séfarades et ashkénazes et enfin entre Israéliens nés en Israël et immigrants récents.

Une orthodoxie Orthodoxie
orthodoxe
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
de plus en plus isolée, mais puissante :

22 % s’inquiètent de l’absence des matières fondamentales dans la formation des ultraorthodoxes et de la difficulté des hommes à s’intégrer sur le marché du travail.

Pour 19 % des personnes interrogées, le problème principal est l’enrôlement des étudiants de yeshiva dans l’armée, pour 16 % le budget public alloué aux yeshivot, pour 14 % le monopole accordé aux juifs orthodoxes Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
sur le mariage et le divorce, pour 11 % le problème des conversions, et pour 7 % les conflits autour des règles à appliquer le jour du shabbat.

Ainsi, concernant les conversions, 39 % des répondants pensent que l’État ne devrait reconnaître que les conversions orthodoxes Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
, 32 % se disent en faveur de la reconnaissance de toutes les conversions religieuses en Israël et à l’étranger (y compris chez les juifs « conservatives » et libéraux, majoritaires aux États-Unis). Enfin 29 % accepteraient des conversions laïques, incluant études et cérémonies d’admission au sein du peuple juif.

À propos du débat sur le shabbat, 63 % des Israéliens interrogés par l’Institut Smith souhaiteraient voir davantage de lignes de bus ouvertes le week-end. Quant aux femmes, interrogées sur ce qu’elles font ou feraient dans des bus séparant les deux sexes, 35 % ont déclaré qu’elles iraient s’asseoir au fond (27 % parce que cela leur est habituel, 8 % par crainte des réactions des autres passagers), 18 % agiraient comme dans les lignes régulières et 47 % éviteraient de voyager de cette manière et chercheraient un autre moyen de transport.

Le rabbin rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Uri Regev, président de l’association Hiddush, estime que la société israélienne « exprime son désir pour une liberté de religion et de conscience. Pour parvenir à la justice sociale, l’État doit appliquer le service militaire pour tous, couper dans les subventions accordées aux yeshivot et forcer celles-ci à enseigner les matières fondamentales ».

Rappelons que le mouvement Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C’est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l’idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n’a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
est pour une séparation de la religion et de l’Etat et pour une totale liberté de conscience. Il a prit plusieurs fois position en ce sens sur la scène politique israélienne et dans les médias.

Rêve d’un Etat religieux

A notre avis, ce rêve d’un Etat de la Tora qui tient du fantasme identitaire bien plus que d’un projet réaliste serait un cauchemar.

Voici un article de Yeshaya Dalsace qui en fait l’analyse :

Justice de la Tora aujourd’hui

Cet article montre que la revendication de la part de certains orthodoxes Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
pour un Etat religieux est un fantasme qui ne ferait que discréditer le judaïsme et montrer les limites de leur projet de société.

La religion comme identité nationale

Un israélien est toujours inscrit comme citoyen de confession telle ou telle, ce qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes et quelques injustices et absurdités administratives.

Certains s’y opposent fermement. C’est ainsi que l’écrivain israélien Yoram Kaniuk a obtenu en septembre 2011 d’un tribunal israélien de figurer comme "sans religion" et non plus comme appartenant à la "religion juive" sur les registres d’état civil, rapporte le quotidien israélien Haaretz.

"C’est une décision d’importance historique", a déclaré au quotidien l’écrivain âgé de 81 ans, après ce jugement qui pourrait faire jurisprudence. Après avoir vainement demandé au ministère de l’Intérieur de rayer toute appartenance religieuse dans le registre d’état civil, l’écrivain avait fait appel en mai, affirmant qu’il ne voulait pas appartenir "à ce qu’on appelle la religion juive en Israël", la comparant à l’islam de l’Iran.

Dans ses attendus rendus cette semaine, le tribunal de Tel Aviv a estimé que tout citoyen a le droit de se définir comme "libre de religion" conformément à la loi fondamentale israélienne sur la Liberté et la dignité de l’Homme.

En revanche les tribunaux israéliens ont jusqu’aujourd’hui repoussé des recours d’intellectuels laïcs pour autoriser l’inscription de la mention "israélien" sur les registres d’état civil, à titre d’appartenance nationale, au lieu de "juif", "arabe", "russe" ou autre comme c’est le cas aujourd’hui.

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