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Antisémitisme contemporain

Antisémitisme contemporain

Israël et les médias -

Etre Israélien aujourd’hui, c’est appartenir à une nation traitée comme aucune autre nation de par le monde dans les médias et les forums internationaux, la « juive » des nations.

Etre Juif en France aujourd’hui, c’est se retrouver de force en porte-à-faux par rapport à des institutions et des concitoyens qui font trop peu, pour combattre le sentiment de malaise, ô combien justifié, qui anime tout Juif de France.

Le Juif retrouve, sinon son statut biblique d’étranger parmi les nations, au moins son sentiment d’étrangeté. Le tabou antijuif (déjà bien affaibli) est tombé ces derniers mois et la violence verbale, symbolique et physique contre nous laisse augurer des heures plus sombres encore. Nous ne sommes pas face à un petit épisode (« un détail ») de notre histoire, mais bien face à un phénomène complexe qui n’a pas fini de mettre nos consciences au pied du mur. L’indifférence à soi-même n’est plus de mise, le Juif de Sartre est de retour.

Face à un tel problème, un tel mécanisme de l’histoire, il nous faut réagir le plus intelligemment possible. La force juive est dans l’esprit. L’état d’Israël en particulier et le peuple juif en général ont le droit fondamental à l’autodéfense, physique et intellectuelle. Nous devons tout faire pour sortir victorieux du conflit ; il y va de notre survie, non pas seulement de notre honneur. Mais nous devons tout faire également pour ne pas nous laisser abîmer par l’engrenage des événements. Nous sommes face à la barbarie, car les attentats suicides contre des civils sont des actes de la plus haute barbarie et de lâches exactions antijuives sont du même ordre. Répondre à la barbarie par les mêmes armes est une tentation de toujours, la force contre la force hante l’âme humaine, la Tora et nos sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l’ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C’est la traduction d’une expression hébraïque : "H’azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". nous mettent clairement en garde contre cela.

Pour chacun de nous l’enjeu est clair : solidarité et fermeté, oui ; dénégation de soi ou contamination par le virus de la haine et de la violence gratuite et aveugle, non ; débattre et critiquer pour construire (les options politiques de tel ou tel n’ont nullement à faire l’unanimité), oui ; dénoncer bêtement et confortablement la politique israélienne en la délégitimant, non ; être fier et heureux d’être Juif, d’appartenir à un très grand peuple devant l’histoire, oui ; traîner sa judéité comme un malaise, un boulet identitaire dont il faut absolument se dédouaner devant le regard inquisiteur des nations, non. Israël est vivant, nous sommes vivants ; il ne faut pas être triste ou déprimé, bien au contraire, il faut éprouver une joie profonde à être au monde, à être ce que nous sommes et ce que nous aspirons à être, difficile bonheur d’être Juif.

Enfin, il ne faut pas se laisser empoisonner par les médias et la basse politique, il faut prendre de la distance, intellectuelle, psychologique et spirituelle. Délaisser la médiatisation et le tourbillon des petits débats, pour relire avec délices l’extraordinaire histoire juive, se plonger dans nos textes, dans notre Tora, notre Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
qui ont toujours été nos bagages et les puits de nos ressourcements. On peut perdre un temps fou en vaines discussions alors que chaque minute consacrée à se construire, à approfondir son moi juif, est le meilleur des investissements. Cette Neshama-là, personne n’a le pouvoir de nous l’enlever, de la profaner. Plus les voix du mépris se font entendre, plus la fierté de soi doit grandir et se nourrir aux sources de lumière.

Yeshaya Dalsace juin 2006

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