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Mourir coûte trop cher

Mourir coûte trop cher

Le prix des funérailles est exorbitant, pour les juifs, c’est encore pire.

Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir d’octobre 2008. Le coût des obsèques a progressé en dix ans de 35% pour s’établir en moyenne à 3 900 euros, hors marbrerie. D’un opérateur à l’autre, les devis font apparaître des écarts de prix pouvant atteindre 713%. Pour une demande identique, les devis varient de 1 586 euros à 10 248 euros, constate l’association. De même, le cercueil le plus fréquemment proposé coûte 2 918 euros, en prix standard, alors que le prix médian est de 1 169 euros.

Des devis imprécis

Le marché est pourtant favorable à la concurrence. Le nombre d’acteurs est important (11 961 fin 2006) et les besoins croissants : 569 000 décès en 2020, selon les estimations de l’Insee et 773 000 en 2050. De même, la législation oblige à une transparence des prix qui devrait jouer en faveur des familles des défunts. Pourtant, elles « ne bénéficient pas de ces conditions de concurrence optimales », explique l’UFC. En cause : « l’urgence invoquée par l’opérateur funéraire après le décès d’un défunt pour inciter les familles à régler rapidement les modalités des funérailles. » Profitant de « contexte psychologique particulier, les opérateurs funéraires n’hésitent pas à contourner la loi afin d’éviter la concurrence », poursuit l’association. Ainsi, les refus d’établir des devis sont fréquents et les mentions légales sont rarement présentes. A titre d’exemple, l’affichage de la nature du bois du cercueil manque dans 39% des devis.

Des options en supplément

De même, certains services, comme les soins de conservation, sont systématiquement proposés bien qu’ils ne soient pas nécessairement obligatoires (en cas de rapatriement du corps par exemple). Les prix proposés varient de 185 à 590 euros. La gestion des chambres funéraires est aussi l’occasion de gonfler l’addition. Alors que 70% des décès ont lieu dans des hôpitaux, les corps sont déposés dans des chambres funéraires gérées par quelques opérateurs. Ces derniers profitent alors de leur position dominante pour « proposer aux familles l’ensemble de leurs services. »

L’assurance décès sur la sellette

Ce commerce de la mort a également profité aux assureurs. Fin 2007, près de 2 millions de contrats d’assurance obsèques ont été souscrits. Deux options sont proposées aux assurés : un contrat en capital ou en prestations. Cette dernière option est jugée la plus optimale pour 62% des Français, pourtant, 70% des contrats souscrits sont des contrats en capital. Un « décalage » entre la réalité et la volonté des assurés qui s’explique par la méconnaissance de ces produits par les assureurs selon l’UFC-Que Choisir. Problème : ces contrats en capital ne sont pas plus intéressants qu’un simple livret d’épargne classique. En versant à partir de 60 ans, 170 euros sur ce type de contrat ou sur un Livret A, l’assuré obtiendra à 77 ans le même capital : 4 000 euros. Et encore, après déductions des marges, la compagnie versera seulement 3 000 euros à la famille.

Les contrats en prestations ne sont pas non plus oubliés par l’UFC. Par exemple, leur présentation standardisée ne permet pas de prendre en compte les « préférences de l’assuré ». De même, si l’assuré a en théorie le choix de l’opérateur funéraire, les contrats l’en empêchent dans la réalité. Une pratique pouvant là encore conduire à une hausse des tarifs. Le bilan est décidément funeste.

Funérailles juives

Précisons en supplément à cette enquête que le judaïsme ajoute, du fait de ses exigences rituelles des dépenses suplémentaires. Toilette mortuaire dont le prix varie d’une Hevra Kadisha à une autre.

Cérémonie rabbinique et inscription dans la liste des défunts pour le Kadish Kadish
Kaddich
Kaddish
"Sanctification" : prière en araméen récitée au cours de la prière publique, après l’étude de la Torah et entre les différentes parties de la prière. Certaines formes du Kadich sont réservées aux endeuillés. Il existe plusieurs versions du Kadich, adaptées au contexte dans lequel il est récité. Le Kadich fait partie des devarim chebekedoucha *.
. Il est vrai que c’est alors l’occasion pour la famille de contribuer par leur don au fonctionnement de la synagogue que le défunt n’avait pas toujours beaucoup aidé... Néanmoins il existe plusieurs pratiques pas toujours très claires, dont parfois la demande de payer toutes les cotisations communautaires jamais payées !

La tombe juive est plus chère du fait de la nécessité d’une concession perpétuelle. Il se pratique parfois des ventes par l’intermédiaire du Consistoire Consistoire Association de loi 1901. Organisme créé par Napoléon pour "surveiller" les juifs qui devaient obligatoirement en faire partie à l’époque. A réussi à regrouper toutes les tendances du judaïsme français jusqu’à la seconde guerre mondiale. Représente aujourd’hui une partie du judaïsme orthodoxe du fait de l’éclatement communautaire. Demeure néanmoins un symbole important. de concessions qui de jure appartiennent au domaine public, car un cimetière est toujours un terrain communal... C’est l’occasion d’augmenter considérablement le prix. C’est illégal, mais qui va se plaindre ?

La pratique juive exige modestie et simplicité. Il est scandaleux de constater l’ensemble des dérives à tous les niveaux du processus et le manque de transparence sur ces questions. Au moment du décès, la famille est par définition prise de court et contrainte le plus souvent à accepter des conditions sans discuter.

C’est pourquoi il vaudrait mieux s’y prendre à l’avance et avoir la lucidité d’explorer la question en avance... Mais qui le désire ?

Même dans la mort, pas facile d’être juif !

Messages

Mourir coûte trop cher

hélas, tout est bon pour prendre de l’argent de façon générale, et dans notre communauté en particulier. J’ai vu et c’est regrettable d’autant plus que cela se produit en terre sainte des agissements scandaleux : Tout etait soi disant organisé depuis Paris, cependant il a fallu encore payer pour avoir dix personnes pour le kaddish Kadish
Kaddich
Kaddish
"Sanctification" : prière en araméen récitée au cours de la prière publique, après l’étude de la Torah et entre les différentes parties de la prière. Certaines formes du Kadich sont réservées aux endeuillés. Il existe plusieurs versions du Kadich, adaptées au contexte dans lequel il est récité. Le Kadich fait partie des devarim chebekedoucha *.
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Il y a une chose qui est certaine, ces gens là ne sont surement pas trop pressés par la venue du maschiah.

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