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A-t-on le droit d’écrire le mot « Dieu » en toutes lettres ?

A-t-on le droit d’écrire le mot « Dieu » en toutes lettres ?

On voit se répandre une nouvelle coutume, ajouter un point au milieu du mot « Dieu », ce qui lui confère une sacralité particulière. D’où vient cet usage et est-il justifié ?

Question :

Doit-on écrire le nom complet « Dieu » ou devrait-on utiliser la césure D.ieu, dans les publications juives, comme c’est l’usage de plus en plus souvent parmi certains cercles du judaïsme ?

Responsa Teshouva
Teshouvot
Responsum
Responsa
Décision halakhique d’un rabbin, certaines ont été écrites et compilées et servent de jurisprudence.
 :

Ne pas effacer le nom de Dieu :

Se basant sur le Deutéronome 12 :3-4 « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous brûlerez au feu leurs idoles, vous abattrez les images taillées de leurs dieux, et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux-là. Vous n’agirez pas ainsi à l’égard de l’Éternel, votre Dieu. », les rabbins rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
ont conclu qu’il était interdit d’effacer le nom de Dieu d’un document écrit.

Puisque n’importe quel papier sur lequel est inscrit le nom de Dieu peut être jeté et donc disparaître, les rabbins rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
ont interdit explicitement l’écriture du nom de Dieu, sauf dans les livres saints. Des précautions furent alors prises concernant la conservation et le devenir de tels ouvrages.

Cela s’applique-t-il à toutes les langues ?

Quoi qu’il en soit, il est clair, selon le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
, (Shevouot 35a-b) que l’interdit s’applique uniquement à sept noms bibliques de Dieu et pas à certains autres noms qui peuvent eux être écrits sans restriction. L’interdit fut plus tard codifié par Maimonide Maimonide
Rambam
Maïmonide
Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L’une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu’il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu’il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l’anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(Mishneh Torah, Yesodei HaTorah 6 :1-2). Shabbetai b. Meir Hakohen indique notamment que l’interdit d’effacement des noms divins s’applique uniquement aux noms en hébreu et non à leurs formes vernaculaires (voir Siftei Kohen dans le Shoulkhan Aroukh Shoulkhan Aroukh Un des grands codes de la loi juive, compilation faite par Yossef Karo (16ème siècle) qui y résume le Tour. Yossef Karo a voulu rendre accessible à tous la Loi. Ouvrage de référence mais discuté, notamment par le Rama dans des gloses ajoutées au texte même. Yossef Karo est également l’auteur du Beit Yossef, sa plus grande œuvre plus difficile d’accès. YD 179 :8 et Pithei Teshouvah dans YD 276 :9).

Toutefois, Yehiel Michael Epstein, dans son Aroukh Hashulhan (HM 27 :3), s’est opposé à la pratique d’écrire le nom divin, même sous sa forme vernaculaire. En conséquence, la coutume s’est développée parmi certains juifs extrêmement stricts de ne pas écrire le mot Dieu ou n’importe quel autre nom de Dieu en entier, même sous sa forme vernaculaire. Le fait d’utiliser des périphrases ou d’écrire le mot D.ieu, en utilisant des tirets ou des points, n’est pourtant pas une pratique universelle, même chez les juifs les plus pratiquants.

En conclusion :

Le fait d’écrire dans la langue vernaculaire le mot Dieu en entier ainsi que d’autres noms de Dieu a des précédents et une justification claire dans la Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n’est pas un système uniforme. . C’est pourquoi il est permis, et même préférable, (en tout cas pour les organisations Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C’est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l’idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n’a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
), de suivre cette pratique.

Responsa Teshouva
Teshouvot
Responsum
Responsa
Décision halakhique d’un rabbin, certaines ont été écrites et compilées et servent de jurisprudence.
du Committee on Jewish Law and Standards (CJLS CJLS Committee on Jewish Law and Standards du mouvement Massorti américain, comité rabbinique discutant de Halakha – Comité sur les Lois Juives et les Standards), par Rabbi Kassel Abelson

Traduction Noémi Taylor

Photo en tête de l’article de Laziz Hamani

Messages

A-t-on le droit d’écrire le mot « Dieu » en toutes lettres ?

Bonjour,

sur le site Cheela.org, j’ai lu plusieurs fois une question équivalente mais appliquée à l’informatique ;
selon leurs réponses, cela ne pose pas de problème alors

Question n°5683, par exemple

A-t-on le droit d’écrire le mot « Dieu » en toutes lettres ?

Très juste.

C’est exactement ce qui est dit dans cette Teshouva Teshouva
Teshouvot
Responsum
Responsa
Décision halakhique d’un rabbin, certaines ont été écrites et compilées et servent de jurisprudence.
et c’est pourquoi cette habitude piétiste qui se répand est un peu ridicule... On assiste à une surenchère assez malsaine dans le judaïsme et ce problème de nom est assez révélateur.

D’autant plus que Dieu = Zeus et n’est en rien le nom de Dieu. C’est un qualificatif tout au plus.

Yeshaya Dalsace

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