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Le Dieu auquel je crois

Le Dieu auquel je crois

Le livre " Le Dieu auquel je crois" viens de paraître aux Editions du Cerf.

Vous y trouverez le texte des entretiens que Victor Malka a eu sur ce thème au cours de son émission dominicale "Maison d’Etude" avec différentes personnalités et en particulier avec le rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Rivon Krygier, le 24 janvier 2010.

Vous pouvez retrouver l’enregistrement de cette émission :

Cela fait des siècles que des philosophes et des théologiens cherchent à connaître Dieu et à établir sa carte d’identité. En vain. La seule chose que nous sachions, c’est que nous ne savons rien de lui. Pourquoi ? Chacun aurait-il un Dieu auquel il croit ?

« Quel est donc le Dieu auquel vous croyez ? » est la question que Victor Malka, dans une série d’émissions diffusées de 2010 à 2011 sur France Culture, a posée à des philosophes, des rabbins rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
et des intellectuels juifs. À quoi pensent-ils quand ils disent Dieu ? Comment se situent-ils par rapport à la théorie créationniste et à la théorie évolutionniste ? Pourquoi ne peut-on nommer Dieu dans le judaïsme ? Que répondre à un survivant de la Shoah qui, depuis Auschwitz, ne croit plus en quelque Dieu que ce soit ? Voilà quelques-unes des interrogations auxquelles sont confrontées, dans ces pages, treize personnalités représentatives de différents courants du judaïsme aujourd’hui.

Collaborations : Armand Abécassis - Alexandre Adler - Ami Bouganim - Janine Elkouby - Philippe Haddad - Rivon Krygier - Gérard Nahon - Marc-Alain Ouaknin - Claude Riveline - Betty Rojtman - Daniel Sibony - René-Samuel Sirat - Claude Vigée

Messages

Le Dieu auquel je crois

Dans un petit essai de mars 2000, DÉSACRALISER LA VIOLENCE RELIGIEUSE, que je n’ai jamais pu publier, j’exprimais ainsi "le Dieu auquel je crois" :

"" Dans les dernières pages de son livre Le système totalitaire (*) Hannah Arendt rapporte que Luther "eut un jour l’audace de dire" que : "il devait exister un Dieu parce qu’il fallait à l’homme un être auquel il pût se fier". Ce propos donne une réponse à notre actuelle interrogation : à quoi bon la religion ? Il la donne d’une manière qui peut nous ramener à une conception de "l’homme-Dieu", mais sans l’orgueil qu’implique ce concept dans son expression philosophique dominante.

C’est seulement le meilleur de l’homme qui est Dieu, pas le pire, pas même le simplement mauvais, pas même le seulement imparfait. Dieu, c’est le parfait de l’homme, cette part de lui-même à laquelle il aspire et qu’il sait ne pouvoir atteindre jamais. Mais cette part est si mystérieuse et si belle dans son imagination qu’il veut lui donner toute la place. Il la fait toute puissante et infinie. C’est pourquoi il la projette hors de lui-même et la nomme Dieu. C’est pourquoi il sait qu’il "peut s’y fier". C’est pourquoi elle est pour lui absolument sacrée.

L’autre part de l’homme, cependant, celle qui va de l’imparfait au pire déforme Dieu en permanence. C’est la vie ! Les difficultés, les fatigues, les angoisses, les égarements de toutes sortes, les nécessaires combats de la vie déforment à chaque instant la part inconnaissable et inatteignable de l’homme. Et l’homme se trompe et fait Dieu à son image. Il le fait même violent. Quand il déraisonne complètement il oublie l’aspiration merveilleuse qui lui a fait inventer Dieu, et il va jusqu’à sacraliser sa propre violence qu’il a projetée en lui.

Pire : il dogmatise, il interdit toute remise en question de cette sacralisation. Il dit aujourd’hui : voici trois mille ans que nous sacralisons la violence, nous n’avons pas pu nous tromper si longtemps.

Mais c’est seulement la mauvaise part de l’homme religieux qui s’entête dans cet égarement, qui l’empêche de rejoindre la société présente de la laïcité et des Droits de l’Homme. C’est d’autant plus stupide que souvent, l’autre part le sait, ces Droits furent progressivement imaginés, voulus, exigés par les meilleurs prophètes religieux bien avant les autres hommes.

La voie spirituelle religieuse -qui n’est pas la seule voie spirituelle- peut rejoindre (ou retrouver, c’est la même chose) la raison pacifique. Il me semble qu’il faut pour cela remonter avant les divisions religieuses dogmatisées, "se refaire juif", et refaire avec le peuple qui a "inventé Dieu" le cheminement qui l’a conduit jusqu’à la quête actuelle du meilleur de nous-mêmes, qu’on la nomme ou non "quête de Dieu", une quête toujours ressentie comme essentielle avant comme après la "sortie de la religion".

Il faut refaire le chemin, avec l’éclairage actuel des Droits de l’Homme, pour constater à chaque pas la folie interprétative meurtrière, non pour condamner la démarche elle-même, saine volonté de vivre en trouvant un sens à la vie. ""

(*) éditions Points/Seuil 1972 page 230

Le Dieu auquel je crois

Bonjour,
Oui je suis presque entièrement d’accord avec cet article de Pierre Régnier. Oui je peux m’approprier facilement cette idée de la recherche de Dieu par l’Homme en lui même. Cette part de divin, possible réminiscence de l’instant de la création qui a "peut être vu ou ressenti" le principe créateur et qui en garde mémoire mais qui éprouve les pires difficultés au moment d’en témoigner.
Oui je sais qu’en moi il est assez facile de ressentir cette étincelle divine mais qu’il est difficile, voire impossible de la faire ressortir en pleine lumière et de la montrer à tous en disant : voilà Dieu, non pas ma conception de Dieu mais : Dieu.
C’est toute l’ambiguïté de l’homme que je suis qui concentre en lui même un irrépressible désir, besoin même de la Vérité, et la troublante découverte de Dieu, secret qui ne doit peut être pas sortir de l’Homme.

Le Dieu auquel je crois

Mais, Jean noel TIME, le drame actuel en matière religieuse, c’est l’avancée sans obstacle - voire pire : avec la complicité active des gouvernements de toute espèce - de l’islamisme partout dans le monde.

Le drame c’est que les institutions religieuses autres que celles de l’islam sont également complices. Elles ne veulent pas que soit examinée, pour enfin la rejeter, la conception criminogène de Dieu que le prophète Mohamed et les rédacteurs du Coran ont copiée chez les Pères de l’Eglise catholique, lesquels l’avaient eux-mêmes copiée dans "l’hébraïsme", ancêtre du judaïsme.

Le drame c’est que les observateurs les mieux intentionnés de la réalité religieuse, comme Marcel Gauchet, Elisabeth Lévy ou Yeshaya Dalsace ne veulent pas non plus reconnaître le caractère criminogène de la théologie des trois grands monothéismes.

Mon petit essai "Désacraliser la violence religieuse" de mars 2000, avec l’extrait duquel vous dites vous trouver "presque entièrement d’accord", a été refusé en son temps par la revue "Le Débat" dont Marcel Gauchet dirigeait la rédaction. Il a été refusé ensuite par la collection littéraire dont Elisabeth Lévy assurait le secrétariat. Puis il a été refusé par une quarantaine d’éditeurs…

Et Yeshaya Dalsace ne semble pas s’être rendu compte de la mauvaise utilisation qui a été faite, cet été, de sa critique de Michel Onfray mettant en valeur le livre "Qui est Dieu ?" de Jean Soler. Comme celle de Didier Long, entre autres, la sérieuse réflexion documentée de Yeshaya Dalsace a surtout servi aux journalistes intellectuellement paresseux des grands médias pour enterrer une fois de plus un problème extrêmement grave dans une forme de néo-négationnisme.

En ce sens je crois que, quels que soient les défauts éventuels de leur démarche sur le plan historique - sur laquelle je suis totalement incompétent pour porter un jugement - Jean Soler et Michel Onfray me paraissent plus utiles à la pacification des religions, et donc à la pacification du monde, que ceux qui les ont critiqués.

A l’utilité de Soler et Onfray je voudrais ajouter celle de Jean-Pierre Castel qui vient de publier, sur le site Agoravox, trois articles visant à empêcher que l’indispensable réflexion soit enterrée :

1/ Arrêtons de nier la violence monothéiste
2/ Le déni de la violence monothéiste à l’occasion de la polémique Onfray / Soler de cet été
3/ Sources de l’antisémitisme nazi : le christianisme, le paganisme, les lumières ?

Bien cordialement
Pierre Régnier

PS : à toutes fins utiles je vous informe que je viens moi-même de publier ceci sur le site Riposte Laïque :

"Poitiers demain, dans le monde et en France quel double symbole ?"

Le Dieu auquel je crois

Il me semble qu’en ce qui concerne la polémique Onfray/Soler, personne n’avait nié la violence qui existe dans le monothéisme ; il s’agissait de pointer la malhonnêteté intellectuelle de l’article d’Onfray au sujet du judaïsme (il a récidivé ensuite sur l’islam et s’est fait remettre en place par Maurice Maschino). C’est une chose de dire que la violence existe dans le monothéisme ou même que le monothéisme est violent par nature, c’en est une autre d’aligner des contre-vérités.

Le Dieu auquel je crois

Guershom

Le problème - non le drame - c’est que pendant que se multiplient les controverses historiques le rouleau compresseur islamique continue d’avancer, les grands médias, dont la radio et la télé "de service public" répétant depuis des années que les islamophobes qui résistent doivent être a priori considérés comme des racistes ou / et des xénophobes.

L’islamisation de la France ne se fait pas surtout par les offensives des islamistes de diverses tendances mais principalement par la tricherie
médiatique et par la démission des gouvernants prétendument "laïcs".

Le Dieu auquel je crois

@ Guershom

Grâce à vous je viens de lire dans Le Monde du 3 octobre "Michel Onfray a-t-il perdu sa pensée rebelle ?" par Maurice T. Maschino.

Maschino m’y fait découvrir des opinions récentes d’Onfray sur l’Algérie et le colonialisme qui, si elles sont fidèlement reproduites sont effectivement désolantes.

Sur l’islam, Maschino se montre totalement imprégné du négationnisme à la mode et promu depuis des années par Le (nouveau) Monde.

A P. Régnier

Bonjour,

Merci pour votre réponse. Je crains de ne pas pouvoir vous suivre lorsque vous évoquez le "rouleau compresseur islamique" (et vous écrivez bien "islamique" et non "islamiste"...) ou vous plaignez que les islamophobes soient considérés comme des racistes. La haine, la peur, le rejet d’un groupe religieux, ethnique, linguistique,... sont pour moi à condamner comme, en effet, une manifestation raciste, par définition intolérable. Sauf à ce que vous démontriez que l’ensemble de ce groupe (par exemple, dans le cas d’une secte) fait preuve d’une attitude violente, totalitaire etc... ce qui n’est nullement le cas en ce qui concerne l’islam, religion monothéiste tout à fait respectable, qui comporte sa frange d’extrémistes tout comme les autres religions.

Le Dieu auquel je crois

Guershom

Vous faites ici la double erreur classique : distinction trop nette entre islam et islamisme (lire ou écouter Anne-Marie Delcambre) et, par ailleurs, confusion entre islamophobie et musulmanophobie. Ces deux confusions sont CULTIVEES par des islamistes et autres politiciens qui n’ont pas votre naïveté et/ou votre honnêteté dans la démarche. Voyez ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-ouverte-a-l-ambassadeur-des-82314

Cordialement.

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