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Jeûner pour avoir fait tomber un Sefer Tora

Jeûner pour avoir fait tomber un Sefer Tora

Résumé d’un responsum du rabbin David Golinkin -

Question :

Lorsqu’un sefer Tora tombe accidentellement, est-ce une obligation de jeûner pour se « racheter » ? La coutume répandue de jeûner pendant quarante jours a-t-elle une base légale ?

Réponse :

La coutume de jeûner quand un sefer Tora tombe n’apparaît pas dans le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
ou dans la littérature des Richonim Rishonim
Richonim
"Les premiers" : Rabbins commentateurs du Moyen Age (du 11ème au 16ème siècle). Leur rôle dans la mise en place du Judaïsme rabbinique en diaspora occidentale est essentiel. Ils commentent le Talmud et la Halakha. Les plus célèbres sont Rashi, Tossafot (élèves de Rashi), Maimonide, Nahmanide, Meiri, Baal Hatourim, ... Le dernier est Yossef Caro. Après lui on emploi le terme de "Ah’aronim" "les derniers".
(rabbins rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
médiévaux). Rabbi Mochè Zacouto d’Italie est le premier à mentionner cette coutume en 1662. Rabbi Abraham Gombiner (Pologne 1637-1683) est, probablement la première autorité halakhique qui a établit l’obligation du jeûne après la chute d’un sefer Tora. Depuis cette époque, jeûner à cette occasion devint une coutume répandue chez un certain nombre d’autorités halakhiques, bien que leurs points de vue divergent sur la manière dont ce jeûne doit être observé. Certaines autorités ont proposé d’autres moyens de "se racheter", tels que réciter des psaumes, acheter ou confectionner une nouvelle robe pour le sefer Tora, donner de la tsedaka (aumône) et étudier les règles de déférence qui concernent la tenue d’un sefer Tora.

Le peuple juif a toujours grandement honoré le sefer Tora. C’est pourquoi le faire tomber est considéré comme un incident sérieux qui choque toutes les personnes présentes. Au demeurant, il existe peu de fondements légaux qui demandent à la personne qui a laissé tomber le sefer Tora de jeûner. En général, il conviendrait de légiférer selon Rabbi Haïm Yossef David Azoulaï (1724-1806) pour qui « c’est au rabbin rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
, l’autorité locale, de décider ce qui lui paraît juste pour que l’on fasse plus attention à l’avenir, en fonction du lieu et de son époque. » À notre sens, on devrait préférer l’approche du Rabbi Mochè Greenwald (1912) qui estime que l’on se doit d’exécuter des actes d’expiation mais pas nécessairement le jeûne. Ils peuvent être de nature diverse comme confectionner une nouvelle robe pour le sefer Tora ou étudier les règles de déférence qui concernent la tenue d’un sefer Tora, dans le but que ce manque d’attention ne se reproduise plus.

Traduction de Joachim Arditti

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