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Sauver le mensuel l’Arche

Sauver le mensuel l’Arche

Un titre de presse va peut-être s’éteindre et c’est en soi une calamité pour la pensée et la liberté.

L’Arche, l’un des plus anciens magazines de la presse juive française, est menacé de disparition et sa notoriété dépasse la simple identité juive et communautaire.

Ce mensuel existe depuis 1957, il est diffusé en France, en Israël, dans toutes les sphères du monde juif, mais il est également lu dans des milieux autres que juifs et c’est toute sa richesse et sa force. L’Arche se lit en Europe et outre-Atlantique, en Pologne, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, en Italie…

Il se trouve dans les librairies du quartier latin comme dans les centres culturels étrangers, lu par les non-juifs, les juifs laïques, religieux de tous horizons politiques et socioculturels. Chaque mois, ce magazine exigeant se fait l’écho de la pluralité des opinions qui agitent chacun d’entre nous, français de gauche, de droite, appel JCall, Raison Garder, pratiquants et agnostiques confondus.

Chaque mois, il apporte de l’intelligence, de la curiosité, de l’information sur toutes les questions, sur tous les sujets – politiques mais aussi philosophiques, talmudiques, littéraires, culturels, sans oublier évidemment l’humour.

Chaque mois, il porte un regard juif sur un monde en mouvement.

Sa disparition annoncée serait un désastre, qui n’est hélas pas dû qu’à la seule mauvaise conjoncture économique qui frappe la presse papier aujourd’hui. C’est un sabordage politique qui a été décidé unilatéralement par l’institution qui l’a créé et qui en avait la responsabilité, le FSJU.

Le sacrifier aujourd’hui sur l’autel de la technologie ou de la rentabilité relève de l’aveuglement autant que de la soumission aux appétits les plus mercantiles. Mais c’est surtout passer à côté d’un des fondements du judaïsme, sa part symbolique, la dimension particulière de l’écrit et du « Livre » nécessaire aux uns comme aux autres.

Si vous êtes d’accord merci d’envoyer au plus vite votre soutien en indiquant votre nom, prénom, fonction, lieu de résidence au mail suivant :

petitionarche@gmail.com

Vous pouvez bien sûr faire circuler cet appel pour qu’il y ait le plus possible de signatures.

Le FSJU (financier de l’Arche), la direction à sa tête, doit comprendre l’enjeu véritable et l’importance d’une telle publication.

Il doit envisager un audit sérieux et professionnel, une campagne d’abonnement et peut-être une reformulation de l’Arche, mais pas sa fermeture !

La communauté juive de France doit montrer qu’elle est encore capable d’un discours pluraliste et intellectuel et ne pas se laisser piéger par les affairistes et le replis sur soi.

A travers l’Arche et la crise traversée, c’est le fonctionnement même du FSJU qui est en cause et sa crédibilité.

Mobilisons-nous !

Sans fonds, « l’Arche » s’échoue sur le Net

Presse . En difficulté, le magazine mensuel du judaïsme français cesse sa parution papier et ne conserve qu’un site, encore en construction.

Le numéro de mars de l’Arche sera le dernier. Après soixante ans d’existence, le « magazine de référence du judaïsme français » disparaît. Enfin, disparaît-il vraiment ? « Il ne s’agit pas d’une fermeture, on transforme l’Arche papier en Arche.fr », proteste Pierre Besnainou, le président du Fonds social juif unifié (FSJU), son éditeur. Pour l’heure, l’Arche.fr est très en devenir. « Le site est en cours de maintenance… » peut-on lire sur la page d’accueil.

Sans attendre, l’Arche papier disparaît. « Sauf si quelqu’un m’apporte 250 000 euros », ironise le patron du FSJU. Avec 2 000 à 2 500 abonnés et 200 à 300 numéros vendus, selon les chiffres de Besnainou, ce magazine perd de l’argent. « L’audience de l’Arche est de plus en plus faible, poursuit-il. Nous n’avons pas arrêté de pousser la communication. Nous sommes présents dans la quasi-totalité des conférences organisées autour de la communauté juive. Dernièrement, nous avons envoyé 300 000 mails, et nous avons eu très peu de retours ».

L’Arche est une toute petite structure : trois permanents et demi, dont Meïr Waintrater, le directeur de la rédaction, et 70 collaborateurs extérieurs, dont « 98% de l’intelligentsia française du judaïsme », selon l’un des contributeurs. Malgré ces faibles moyens, l’Arche est un magazine de qualité. « C’est un lieu essentiel du débat intellectuel, plaide le politologue Jean-Yves Camus, lui-même de confession juive. En ces temps de fragmentation communautaire, l’Arche n’a pas d’équivalent dans le champ des revues pluralistes et ouvertes dans leur orientation. »

« Chapelles ». Pour Jean-Luc Allouche, ancien rédacteur en chef du magazine, une partie des difficultés de l’Arche s’explique justement par cette fragmentation communautaire : « Pendant longtemps, le FSJU a représenté la communauté juive globale. Aujourd’hui, on assiste à un extrême morcellement de cette communauté en petites "chapelles" : les loubavitch Habad
Loubavitch
Chabad
Mouvement Hassidique fondé en Russie par Shniour Zalman de Lyadi à la fin du 18ème siècle. Habad est l’acrostiche de Hokhma-Bina-Daat. C’est un mouvement qui a beaucoup changé et est devenu "missionnaire" et activiste après la Shoa. Imprégné de messianisme, son dernier Rabbi, non remplacé à ce jour, à été considéré comme le Messie par certains adeptes.
, les consistoriaux, les orthodoxes Orthodoxie
orthodoxe
orthodoxes
« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
, les libéraux, et, chacun ayant son propre bulletin, à une floraison de journaux plus catégoriels. »

L’Arche disparue, les juifs de France ne disposeraient plus de média fédérateur. « Il me paraît inconcevable que la communauté juive la plus importante d’Europe occidentale n’ait pas d’organe de presse institutionnel », relève Jean-Yves Camus. Certains mettent en cause une décision jugée purement comptable de Pierre Besnainou. « Les difficultés financières de l’Arche ne datent pas d’aujourd’hui, rappelle Jean-Luc Allouche. J’ai connu le FSJU avec de grands bonshommes qui avaient ce souci universel de la communauté et tenaient à bout de bras un élément qu’ils considéraient important pour elle. »

Besnainou a géré la fin de l’Arche avec mépris pour les collaborateurs du journal. Ces derniers ont été informés de sa disparition sans beaucoup d’égards. Par un mail collectif envoyé le 24 février. « C’était une maladresse, concède le patron du FSJU. Sur le fond, la décision est juste mais je regrette la forme. » La personne de Pierre Besnainou concentre des critiques :« Il gère le FSJU de façon très autoritaire, pas démocratique », dit un salarié.

Emotion. L’annonce de la cessation de parution de l’Arche a suscité de l’émotion dans la communauté juive. Un groupe Facebook s’est créé : « Cela m’a évidemment alerté, mais sur les 400 personnes qui en font partie, il n’y en a que trois qui sont abonnées », tacle Besnainou. Hier soir, l’équipe du journal devait rencontrer le patron du FSJU. Avant le rendez-vous, ce dernier se disait prêt à élargir le groupe de travail sur la migration de l’Arche papier vers le Net. Promettant que « toutes les idées seront les bienvenues, même si cela nous conduit à décaler de deux ou trois mois la mise en ligne du nouvel Arche que j’avais prévue dans le courant du mois de mai ».

Article paru dans Libération du 08/03/2011

Messages

Sauver l’Arche

D’après ce que j’ai lu, il s’agirait de le conserver sous sa forme uniquement électronique (internet), pas de le supprimer complètement.

Néanmoins, je partage votre tristesse devant la disparition (même si elle n’est que "papier") de ce titre, à mon avis le seul valable de toute la presse juive française.

Je dois néanmoins remarquer que j’ai constaté, depuis quelques années, une certaine droitisation de L’Arche, des prises de position moins nuancées sur certains sujets, une ligne éditoriale plus manichéiste, certains articles douteux. C’est une des raisons qui a fait que j’ai arrêté de le lire. L’autre - bien plus personnelle mais qui en fait rejoint le premier point - est que je leur avais envoyé un article pour publication, qu’ils l’ont publié...mais en se permettant, sans mon autorisation ni même m’en avertir à l’avance, d’en sucrer des passages et d’en modifier la structure, ce qui, outre la violation de la propriété intellectuelle, me faisait passer pour un ignorant ou un fantaisiste. Je le leur ai fait remarquer, mais ils n’ont jamais répondu à ma lettre, ce qui a mis un point final à la relation que j’entretenais avec ce magazine.

Sauver le mensuel l’Arche

Lecteur fidèle de l’Arche depuis des années et abonné de surcroit, je suis très étonné d’apprendre par le Net la disparition du mensuel.

La moindre des corrections aurait consisté à informer les abonnés et faire un appel aux communautés pour lesquelles l’Arche est une revue de référence professionnelle et conforme aux attentes que l’on peut avoir d’une revue avec un regard juif de l’actualité.

Constat d’échec d’une gestion desastreuse ou victime de la numérisation de l’information et de la volatilité des idées, il y avait l’époque avec l’Arche, il va falloir vivre sans l’Arche.

J’émet l’espoir que ceux qui en ont le pouvoir prennent leur responsabilité et reviennent sur leur décision.

Cordial Shalom

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