Dans toute civilisation, l’on trouve des codes et une mémoire qui constituent le patrimoine spirituel. Une religion est fondée sur des mythes. Le mythe est une représentation qui explique et raconte. La religion est ce qui relie les individus entre eux par-delà leur individualité.
Le texte n’est pas seulement un écrit couché sur du papier, il cristallise un groupe autour d’une grille de lecture. Certains textes sont plus importants que d’autres, ils sont sacrés.
La Bible 24 livres.
Mot qui vient du grec biblia (les livres). Des textes qui ont été écrits sur plus de 1000 ans => problème de datation. Il semble que certains textes ont été retravaillés. La vision du don total de la Torah au Sinaï est une vision a-historique et fondamentaliste. La Révélation est un phénomène double = don mais aussi réception du texte dont les hommes sont aussi acteurs. Entre le littéralisme absolu et le doute absolu, il existe toute une palette de positions. Il ne faut cependant pas perdre la capacité de s’émerveiller. La question à se poser est : le texte est-il empreint de spiritualité et a-t-il encore une fonction ?
La Bible est divisée en 3 grandes parties : Torah ou Pentateuque, prophètes et hagiographes. = Tanakh . Pourquoi 3 parties ? En fait cette division correspond à des catégories selon la fonction de ces textes.
La Torah est le texte central. C’est la racine de la civilisation juive, on y trouve les lois et prescriptions. Elle contient un aspect narratif et un aspect normatif. = ce que nous avons reçu en héritage. Torah = enseignement (de sagesse). Une partie est la loi mais pas la totalité, elle n’en est qu’une composante. En hébreu, on l’appelle aussi Houmash (savoir ordre et noms des livres ; les noms hébreux correspondent à l’incipit, c’est-à-dire le premier mot.
Prophètes : tentative d’actualiser les valeurs contenues dans la Torah. Mais il n’y a pas que des prophètes. On y trouve aussi de l’histoire politique, par exemple l’édification et les avatars de la royauté. C’est de cette section qu’on tire la Haftarah .
Hagiographes : le reste. Psaumes, cantique des cantiques, Lamentations (destruction du premier Temple), livres de sagesse (Job, Ecclésiaste), livre de Ruth. On trouve des doublets les Chroniques sont quasiment parallèles aux livres des Rois et Samuel.
La canonisation (ou fixation de la liste) est intervenu vers le IIe siècle de notre ère = stade final.
La Torah est restée le texte de référence. La loi juive s’élabore à partir de la Torah. Il n’y a pas de commandement en dehors de la Torah. La plupart des personnages de référence sont dans la Torah. La lecture se fait sur un cycle annuel (avant sur 3 ans) depuis environ 1000 ans. La lecture a été fixée au lundi, jeudi et Shabbat car on ne voulait pas rester plus de 3 jours sans Torah ; analogie avec l’eau, on ne peut pas vivre plus de 3 jours sans eau. La lecture publique combine écrit et oral.
Les juifs ont un lien très étroit avec le Livre. Dialogue avec le texte= spécificité du peuple juif. D’où l’importance d’être appelé à la Torah, c’est être appelé à la source du peuple juif.
Le Judaïsme n’a jamais perdu le contact avec les écrits fondamentaux, ainsi la Torah est lue en entier chaque année. Les autres textes ont également été lus, relus, étudiés et commentés et le sont encore. La version des Rabbins est aussi appelée version massorétique.
Une immense littérature a été perdue. Certains ont été conservés par les Chrétiens, moins par les Juifs. Les manuscrits ont été conservés et recopiés par des moines ; c’est la littérature apocryphe. On a aussi trouvé des textes dans des jarres (textes gnostiques et manuscrits de la Mer Morte, écrits de Qumram). C.f. Écrits intertestamentaires dans la collection de la Pléïade. Ce sont des textes qui ont une valeur historique, comme Enoch, pour comprendre le Judaïsme de l’Antiquité.
La Torah est le texte de la Révélation de D. et de sa volonté au peuple d’Israël. Le but du Temple était d’établir un contact avec D. D. a créé le contact avec les hommes via la Révélation, puis l’humanité a installé les conditions d’accueil de la divinité.
La rencontre avec le divin est rare et personnelle. Dans le Judaïsme le moment fort est la Révélation au Sinaï (Révélation à tout le peuple) mais également une série de contacts avec certains personnages. La Bible est l’expression d’une conscience du lien avec D.
Certains individus ont une capacité prophétique. Le prophète n’est pas seulement celui qui prévoit les choses mais celui qui« capte » quelque chose. Celui qui a une capacité à comprendre quelque chose du message divin. Quelqu’un qui est capable de percevoir le divin, l’absolu. Les prophètes ont leur style, leur langage. Ils se manifestent sur une période assez grande de l’histoire. Le phénomène de prophétie est un phénomène humain universel.
La prophétie a disparu d’Israël depuis la chute du Temple, selon les Rabbins . Cependant certains ont encore une certaine capacité à percevoir des choses importantes, surtout les fous et les enfants. Pour le Talmud , celui qui n’interprète pas ses rêves c’est comme s’il ne lisait pas une lettre qui lui a été envoyée.
Moïse a atteint le summum de l’état prophétique. Mais D. s’est aussi adressé à Noé, Abraham, Adam et les prophètes.
La Bible n’est pas seulement une histoire d’hommes, mais une histoire avec D.La Torah a également une dimension juridique. On y trouve ce qui est de l’ordre du devoir, de ce que D. attend des hommes. Cette attente est un projet avec des ordres précis.
Ensuite cet aspect juridique a été édifié en un système juridique. La Torah comme telle est difficilement applicable. Par exemple, la Torah dit que l’on ne doit pas faire d’ouvrages à shabbat, il faut donc comprendre ce que l’on ne peut pas faire. On dit que les interdits de shabbat sont comme une montagne rattachée à la Torah par un cheveu. L’obligation de porter les téfilines n’est pas non plus écrite comme telle dans la Torah. La Torah est comme un noyau de base dont on a tiré des notions.
Pour la conscience juive, il ne peut y avoir d’accomplissement de la volonté divine sans l’accomplissement des mitzvot. Torat Hayim = Torah de vie. Dés l’origine, on trouve un enseignement (notice, mode d’emploi) à côté de la Torah pour une mise en adéquation avec l’environnement, c’est la loi orale. Puis comme l’oralité devenait de plus en plus complexe, on l’a mise par écrit. La loi écrite ne se comprend pas comme isolée mais « en couple » avec la loi orale. En outre, la Révélation n’a jamais complètement cessé ; la volonté divine doit être comprise et adaptée par les hommes. On a deux partenaires : les hommes et D.
En Babylonie, on a institué la lecture de la Torah sur un an ; avant celle-ci se faisait sur 3 ans. Après la destruction du temple, le centre juif le plus important est en Babylonie. La Torah est divisée en 54 parashiot. Le calendrier juif est luni-solaire. Il y a 354 jours dans un calendrier lunaire et 365 dans un calendrier solaire ; sur 19 ans, on redouble le mois de Adar à 7 reprises. Ce qui fait 56 semaines ces années-là mais comme certaines fêtes tombent le shabbat, 54 parashiot suffisent. S’il y a moins de 54 semaines, on lie 2 parashiot ensemble. À la fête de Simhat Torah, on achève la lecture de la parashah et l’on recommence la nouvelle lecture.
Au 5ème siècle avant notre ère, la lecture publique de la Torah a été instaurée, ou réinstaurée, par Néhémie. Dans ses écrits, Philon d’Alexandrie témoigne de cette lecture le Shabbat. Alexandrie était alors le plus grand centre juif du Moyen-Orient.
Ensuite la lecture de la Torah fut aussi instituée le lundi et le jeudi. Il y a lecture, si minyan de 10 hommes adultes (c’est-à-dire de 13 ans plus un jour au moins). La cérémonie de la bar mitzvah n’est apparue qu’au XIV è, c’est un rite de passage ou initiatique.
Dans le Judaïsme, on entre dans l’alliance par la brit milah, ou aujourd’hui la nomination pour les filles.
Pour le Judaïsme, la lecture de la Torah est plus importante que la prière (lecture dans le sens d’étude du texte et des sources juives). Dans le Talmud , c’est un des commandements principaux. L’étude permet de grandir et de s’épanouir religieusement. Elle donne de la profondeur, du contenu. Elle permet de savoir comment avoir un comportement éthique. Selon le talmud , il y a une analogie entre le fait de boire de l’eau et de vivre physiquement et lire la Torah et vivre spirituellement.
Après la destruction du Temple, les sacrifices n’étaient plus possibles, la prière a donc pris une place prépondérante, place qui existait déjà en Babylonie depuis la destruction du 1er Temple. Dans la Bible, la prière nous est montrée comme spontanée, ensuite elle fut organisée et fixée dans les communautés.





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