Merci pour votre écoute attentive,
Le propos du judaïsme est l’engagement malgré tout. On est jamais sûr d’échouer, on connaît les difficultés et on en a conscience, on avance quand même. Toute l’Histoire juive est basée sur ce principe. Il est vrai pour Abraham, il est vrai pour Moïse, il est vrai pour la survie du judaïsme après la destruction du Temple… On ne doit pas céder au principe de réalité et au défaitisme.
Les orthodoxes eux-mêmes acceptent cette idée et parviennent à défier les lois de l’histoire en reconstruisant le monde des Yeshivot, très grand réussite contemporaine.
Des orthodoxes modernes acceptent de se confronter à la réalité de la modernité.
Le grand enseignement de notre paracha est que la réalité pourrait être plus forte que Dieu lui-même « mimeno » et non « mimenou ». La tentation est donc de retourner au désert et d’y rester (non lieu – non temps). Ce point de vue est condamné par le texte. Le but n’est pas de sauver Dieu, si on peut s’exprimer ainsi, mais de, coûte que coûte, insuffler de la spiritualité à la réalité. Dans ce dessein, il faut accepter de se salir les mains et d’entrer en terre promise, quitte à y laisser des plumes.
Les courants du judaïsme qui refusent de tenir compte de la réalité se mettent donc en position d’échec, sous prétexte de réussir à se conserver… Paradoxe ! Mais ceux qui se laissent plomber par la réalité, qui perdent tout espoir utopique, sont également dans une voie sans issue.
Il faut oser partir même si l’on n’est pas sûr d’arriver.
Yeshaya Dalsace
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