Beaucoup de gens pensent que seul le rabbin consistorial peut mener les funérailles et que le « carré juif » des cimetières appartient au Consistoire . C’est totalement faux. Les carrés juifs font partie des cimetières municipaux et sont donc un bien public. Toute personne est libre d’y posséder un caveau de famille et de se tourner vers le rabbin de son choix pour la cérémonie. Il n’y a strictement aucun monopole du Consistoire qui ne représente que lui-même et ses adhérents au même titre que toute autre association cultuelle. Il arrive parfois que certains rabbins fassent pression sur les familles pour empêcher d’autres rabbins d’officier ; c’est non seulement malhonnête et halakhiquement une « onaha », une tromperie ; mais c’est surtout une usurpation de pouvoir et de la manipulation. La France est fort heureusement un pays laïc et les carrés juifs sont soumis aux règles de la laïcité dans les cimetières publics. Le Conseil d’Etat a été très clair là-dessus dans un jugement dans lequel le Consistoire fut perdant.
C’est pourquoi, la famille ne doit pas hésiter à se tourner vers le rabbin de son choix, consistorial, Massorti , libéral ou autre. Ce qui compte avant tout, c’est que cette famille se sente correctement accompagnée dans son deuil et trouve chez le rabbin l’écoute qu’elle attend.
En ce qui concerne les cas litigieux sur la judéité, conversions non consistoriales, enfants de mariage mixte, conjoint non-juif, chaque famille a le droit de disposer de son caveau familial comme elle l’entend. Aucun rabbin n’a juridiquement de droit de regard sur ce caveau. Ce qu’un rabbin peut faire, c’est refuser de mener la cérémonie, rien de plus.
Il existe dans certaines municipalités des pratiques à la limite de la légalité concédant au Consistoire une forme de monopole de fait. Ce qui n’est pas sans engendrer des problèmes douloureux dans certains cas. La famille étant prise de court au moment du décès peut se retrouver totalement désarmée face à un éventuel refus. Mieux vaudrait, bien évidemment, prévenir ces problèmes et faire valoir les droits de chacun en s’organisant à l’avance.
De facto, il n’y a pas de grandes différences rituelles entre les Massorti et les orthodoxes dans leur manière de procéder pour des funérailles juives. Un rabbin massorti aura tendance à être plus souple et à l’écoute de certains désirs spécifiques de la famille. Chaque cas devant être discuté pour lui-même. Il permettra aux femmes concernées de se joindre au kadish et même au minyan (voir article sur cette question). La position du Mouvement Massorti est d’accompagner dans tous les cas les personnes qui se tournent vers lui quel que soit le problème, tout en mettant des limites claires. Il faut que la demande émane clairement du judaïsme. Un rabbin Massorti ne peut accompagner une crémation, mais seulement faire une levée du corps dans un tel cas (voir article spécifique sur cette question). Un rabbin Massorti ne peut mener des funérailles juives pour quelqu’un qui n’est pas juif. Il ne peut s’associer à un culte non juif ou admettre des prières non juives à la cérémonie (certains demandent une cérémonie pluri religieuse, nous sommes totalement opposés à cela). Par contre, si un enterrement juif est impossible, il accompagnera la famille et selon les cas trouvera même le moyen de faire quelque chose en relation avec la tradition juive, de façon à aider la famille dans ce moment douloureux. Il fera tout son possible pour trouver une solution, en accord avec l’esprit du judaïsme et de la halakha , susceptible d’honorer la demande religieuse de la famille.
Dans tous les cas les personnes concernées ne doivent pas hésiter à exposer leur demande et leur problème éventuel et ne pas se sentir bloquées dans un système qui ne leur convient pas ou ne répond pas à leur demande spécifique.
Pour plus de précisions sur les rites de deuil lire l’Epître de la Vie.





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