Elle était censée faire le point sur ce qui avait pu se passer depuis la résolution de la conférence de Durban de septembre 2001 qui, comme celle de Genève d’ailleurs, se tenait dans le cadre de l’ONU, mais au-delà, avait fortement dérapé du fait des ONG, en une condamnation exclusive d’Israël en tant qu’Etat raciste et nazi.
Durban 2 devait être préparée par la « Commission des droits de l’Homme » présidée par la Libye, assistée du Pakistan, de l’Iran et de Cuba. Ces pays, si démocratiques, (qui sont bien à l’image de ce qu’est devenue l’ONU), devaient assurer la discussion sur les thèmes du racisme dans le monde et de l’interdiction de critiquer les religions.
Le document final a donné lieu à d’intenses négociations,et certains pays, dont en premier lieu le Canada, qui mérite d’être particulièrement cité,ont décidé de boycotter cette « mascarade ».
En effet, l’on ne pouvait rien attendre d’un tel forum, sinon la venue d’Ahmadinejad, et ses propos haineux à l’égard d’Israël et des juifs,qui eut le mérite de mettre la plupart des démocraties d’accord.
Néanmoins, sur les 192 pays composant l’ONU plus de 120 n’ont pas quitté la salle, dont la Suisse, et la majorité a applaudi le Président iranien.
De toutes les façons aucune de ces résolutions n’est contraignante, celle de Durban2 ne reniant pas Durban1, et connaissant les régimes politiques de la plupart des membres, il eut été surprenant que la moindre disposition humanitaire puisse être appliquée.
Alors pourquoi un mouvement juif religieux comme les Massorti devait-il être présent ?
Précisément pour participer activement à toutes les manifestations tenues parallèlement à la conférence de l’ONU. D’abord comme juifs et comme soutiens d’Israël, mais surtout pour encourager le « Sommet pour les droits de l’Homme, la tolérance et la démocratie » et la « Conférence contre le racisme, la discrimination et la persécution » tenus en dehors du Palais des Nations où furent débattues les questions dont les Nations-Unies ne se préoccupent pas.
Les témoignages de survivants du génocide Rwandais,du Darfour ,d’Iran,de Cuba,de Birmanie,d’homosexuels ,ont éloquemment démontré que nous, en tant qu’hommes attachés à leurs droits,devons agir. Ces massacres qui perdurent, représentent plus de morts depuis la fin de la seconde guerre mondiale que pendant la Shoah.
Beaucoup a été écrit sur les interventions émouvantes d’orateurs éminents , aussi bien à ces colloques qu’à la formidablement émouvante cérémonie de commémoration de Yom Ha Shoah , Place des Nations, face au Palais éponyme,où quelques heures auparavant Ahmadinejad s’était déchaîné contre les juifs. Inutile donc de reprendre leurs propos. Citons les principaux : Elie Wiesel, le Père Patrick Desbois, Bernard-Henri Lévy, Irwin Cotler (ancien ministre de la Justice du Canada).
Il faut rendre un hommage particulier à l’ONG Human Watch, organisatrice de ces réunions, ainsi qu’au CRIF et à l’UEJF dont les membres ont fait preuve de courage et de dynamisme pour la défense des droits de l’homme.
Conclusion : rien n’a changé, mais si cette série de réunions a pu faire prendre conscience au monde de la situation des hommes dans les pays non démocratiques et a pu susciter des volontés d’AGIR, alors nous n’aurons pas perdu notre temps. Durban 2, n’est ni une réussite, ni un échec, il est la suite de Durban 1, mais le pire n’a pas été évité, et les dégâts n’ont pas été limités comme le prétendent les dirigeants européens, car la résolution ne fait aucune mention des droits de la femme, ni des homosexuels.
Bernard Weill





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