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Manger cachère
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Auteur : Yeshaya Dalsace

Webmaster de ce site, Rabbin à Paris de la communauté DorVador, Paris 20e. Contact yeshaya@massorti.com


Voici les principales règles de la kashroute.

Les lois alimentaires apparaissent, en vérité, comme l’un des exempIes caractéristiques de la doctrine juive, qui veut enseigner à l’homme à se sanctifier en spiritualisant le monde matériel. Se sanctifier, c’est dominer ses passions, maîtriser ses sens, modérer ses désirs, mettre le corps au service de l’esprit, c’est-à-dire faire concourir les instincts eux-mêmes à l’actualisation de la volonté divine. Considérant la condition de l’homme qui est miroir intime de l’esprit et du corps, le judaïsme veut réaliser entre eux un équilibre harmonieux.

Grâce à ces lois, le repas devient Mitsva, la table familiale s’érige en autel, la maison se transforme en « sanctuaire en réduction » et la banalité journalière transfigurée, porte le sceau du divin.

Grand Rabbin   E. Gugenheim.

Viande :

Elle doit être strictement kasher  . C’est-à-dire qu’elle doit être abattue rituellement est vendu dans une boucherie sous surveillance du rabbinat. Il faut toujours demander si la viande a été kashérisée ou non. Si elle ne l’a pas été, elle ne peut être consommée qu’au gril.

Kashérisation de la viande : cela a souvent déjà été fait chez le boucher, il faut se renseigner lors de l’achat. La Kashérisation s’effectue en trois étapes :

1) Trempage de la viande dans l’eau froide durant une demi-heure après avoir bien rincé la viande. Bien égoutter celle –ci après le trempage.

2) Le salage : on saupoudre la viande de tous côtés avec du gros sel. En place la viande sur un plan incliné permettant l’écoulement du sang ou une planche à trous. On laisse attendre 1h00 (une vingtaine de minutes en cas d’urgence).

3) Rinçage. Trois fois sous le robinet après avoir bien éliminé le sel. Certains abats ne peuvent pas être kashérisés (il faut obligatoirement griller le foie par exemple).

Séparation du lait et de la viande :

On peut poser différents aliments (lactés et carnés) dans le même réfrigérateur en faisant attention qu’ils ne soient pas en contact direct. Vaisselle : même si les conditions d’hygiène actuelle rendent discutable le principe des deux vaisselles, le goût ayant été éliminé par le produit à vaisselle, nous pensons néanmoins qu’il est bon de garder le principe des vaisselles séparées. Une pour le lait et une pour la viande, de même pour les instruments de cuisine. Il est préférable également d’avoir deux éviers et des éponges distinctes. On peut se servir du même lave-vaisselle simultanément.

On fera attention pendant la cuisson à ne pas mélanger les aliments, même par éclaboussures, c’est-à-dire à tenir les casseroles éloignées et surtout éviter de cuir au même moment du lait et de la viande. On ne cuit pas dans le même four. Si on n’a pas deux fours à disposition, il faudra bien nettoyer et faire chauffer à fond pendant une demi-heure le four entre le lait et la viande. De préférence on utilisera des plaques différentes.

La table doit être proprement nettoyée entre deux repas et la nappe changée. Il en est de même pour le pain et le sel découvert.

Après avoir mangé de la viande on attend 6h00 ou 3h00 (cela dépend des coutumes) avant de consommer des laitages.

Aliments et ustensiles parvés : ce sont les aliments ou les ustensiles neutres, qui ne sont ni lactés ni carnés. Ce qui est préparé ainsi peut être utilisé indifféremment avec le lait ou la viande.

Poissons :

Seuls ceux qui ont des écailles sont kasher  . On peut acheter des filets ou des poissons surgelés si on en connaît la composition. On n’achètera pas par contre des compositions à partir de poissons divers (carrés panés, soupe de poisson, bien entendu surimi), cela doit être fait sous surveillance rabbinique. Tout fruit de mer est interdit.

Aliments divers

Pain : mieux vaut vérifier que le boulanger ne graisse pas ses plaques de cuisson avec du saindoux. A priori le pain est kasher  .

Beurre. Consommer de préférence du beurre extra fin.

Œufs : seuls les oeufs d’un animal kasher   le sont. On peut acheter des oeufs n’importe où. On doit juste vérifier que l’œuf n’a pas été fécondé (ce qui est très rare de nos jours). On trouve parfois de petites traces de sang dans les œufs, si cela provient du germe, l’oeuf devient interdit. Si ce n’est qu’une petite trace (ce qui arrive assez souvent) il suffit de l’éliminer en l’enlevant avec une cuillère (ce sang n’interdit pas l’œuf). Il est interdit de gâcher de la nourriture et de jeter des oeufs inutilement.

Huile : consommer de préférence de l’huile première pression à froid.

Margarine : mieux vaut l’acheter dans un commerce kasher  . Il existe des problèmes de composition dans beaucoup de margarine.

Fromage : le mouvement Massorti   autorise toutes les sortes de fromages quelle que soit la présure utilisée.

Produits laitiers allégés : faire attention, ils contiennent souvent de la gélatine (certains autorisent).

Légumes et fruits : ils sont tous kasher  . Il faut vérifier qu’il ne contiennent pas de petits insectes ou des larves. Faire particulièrement attention à la salade, au chou-fleur, à certains fruits. Faire attention également aux féculents et à la farine qui doit parfois être filtrée.

Préparation d’un aliment par un non juif.

Le mouvement massorti   considère comme obsolète les notions de cuisson non juive ou lait trait par un non juif. Les soupçons que ces notions sous entendent sont très rarement justifiés et l’esprit qui en résulte nous semble devoir appartenir au passé. Il n’y a pas de raison de favoriser de tels rapports entre juifs et non juifs. Nous nous intéressons seulement au contenu des produits pour en fixer ou non la kashrout  . Pour le vin, nous continuons à attacher une valeur symbolique en particulier pour les cérémonies, au vin fabriqué par de seuls juifs pratiquant, mais pas pour le vinaigre ou autres dérivés de raisin (sucres).

On peut donc aller manger dans un restaurant végétarien ou chez des amis et de la famille non pratiquants ou non juifs en leur demandant de faire attention dans la préparation à n’utiliser que des produits autorisés et ne pas faire de mélange interdit.

Yeshaya Dalsace

2 Messages de forum

  • Manger cachère 18 avril 2010 00:05, par Ben Ouziel

    De deux choses l’une :

    - Ou vous considérez que l’interdit de consommer des tolaïm (insectes rampants)n’est plus en vigueur tout comme le bichoul nokhi (cuisson par un non juif) ce qui explique votre autorisation à manger dans un restaurant végétarien.
    Dans ce cas de figure, vous enlevez consciement une mitsva de la Torah (lav de consommer des tolaïm à partir d’une certaine quantité- au deça = enlever un interdit déRabbanan).

    - Ou vous acceptez l’interdiction de de consommer des tolaïm (insectes rampants)auquel cas vous incitez vos fidèles à transgresser des interdits existant même d’après les "décisionnaires" massorti.

    Rappel : De nombreux fruits et légumes doivent subir une "bedika" (vérification) avant consommation afin de vérifier qu’ils ne sont pas infectés d’insectes rampants. Cette vérification s’effectue chez les restaurateurs cachers (sérieux) et non dans des restaurants végétariens classiques.

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    • Manger cachère 18 avril 2010 00:35, par Ben Ouziel

      Suite du message précédent.

      1/ Milles excuses, je viens de relire l’article et de m’appercevoir que vous interdisez effectivement les tolaïm.

      Dans ce cas, votre position autorisant à manger dans un restaurant végétarien est des plus étonnantes. En effet, pensez-vous vraiment que chaque juif attablé passera au crible les différentes salades pour les vérifier durant le repas ?!

      2/ D’après votre idée selon laquelle la Halakha doit s’adapter à la modernité,il semblerait plus logique d’autoriser de manger du lait dans une assiette viande moins de 24h avant la cuisson du plat viande.
      En effet, comment justifiez-vous le principe de "notem taam" face à nos liquides vaisselles actuels ?

      Merci d’avance pour votre réponse... Juste par curiosité intellectuelle, je me demande vraiment comment vous justifiez le "notem taam" en tant que massorti.

      Bien Cordialement

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