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Les lumières descendantes et ascendantes de Hanoucca et… de Noël
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Auteur : Rivon Krygier

Rabbin de la communauté massorti Adath Shalom, Paris


Les fêtes de Noël et Hanoucca célèbrent chacune à leur manière la lumière.

Les juifs allument la Hanouccia chaque soir durant huit jours. Les chrétiens accrochent des lampes qui illuminent les sapins et consomment des « bûches », de Noël à Nouvel an, durant huit jours également. Est-ce pur hasard ? Non. Par delà la célébration propre à chacune des religions – pour les juifs, dédicace en -164 du Temple de Jérusalem repris aux Séleucides qui l’avaient souillé par un culte idolâtre ; pour les chrétiens, naissance du Christ – une même symbolique de victoire sur les ténèbres relie les deux traditions. C’est qu’en réalité, un fond commun les a nourries : l’avènement de la lumière au cœur de l’hiver est un thème célébré de longue date dans nombreuses civilisations.

La question est comment s’est opérée dans le judaïsme la conjonction entre le thème de la lumière et celui de la dédicace, et quelle signification particulière peut en être tirée. Un rapprochement entre diverses sources talmudiques permet de le déceler. La première évoque la procédure de l’allumages des bougies de Hanoucca :

Nos maîtres enseignent : Le commandement de la fête de la dédicace consiste à allumer (chaque soir, durant huit jours, en mémorial) une veilleuse par maître de maison. Les plus pieux allument une veilleuse par personne de la maison. Pour les pieux d’entre les pieux (il y a deux opinions) : pour l’école de Chamaï, on allume le premier jour huit veilleuses et ensuite une de moins chaque jour ; tandis que pour l’école de Hillel, on allume une veilleuse le premier jour et on en rajoute une chaque jour. Oula a dit : Il y a sur ce positionnement une divergence de vue entre deux amoraim d’Eretz Israël, rabbi Yossi bar Avin et Rabbi Yossi bar Zvida (sans que l’on ne sache plus qui est le tenant de chaque hypothèse) : L’un prétend que (l’ordre décroissant d’allumage de) de l’école de Chamaï est selon le nombre de jours entrant, alors que selon l’école de Hillel, (l’ordre croissant d’allumage) est selon le nombre de jours sortant. Selon l’autre, l’école de Chamaï s’appuierait sur le (la diminution progressive du) nombre (quotidien) des taureaux (offerts au Temple durant) de la fête (de Souccot  ), tandis que l’école de Hillel se fonderait sur le principe que dans l’ordre de sanctification, on ne doit qu’élever (augmenter) et non abaisser (diminuer) (Chabbat 21b).

L’explication par Rachi   de l’allumage du nombre des bougies, dégressif selon Chamaï ou progressif selon Hillel, est que « les jours d’entrée » pris en compte sont les jours de fête subsidiaires dont le nombre diminue de jour en jour ; les « jours de sortie » sont les jours « consommés », c’est-à-dire, le cumul des jours célébrés.

Mais c’est avouons-le une manière bien obscure de rendre compte du rite que de se contenter de paraphraser le fait d’allumer de jour en jour une bougie de plus ou de moins. Le rédacteur talmudique n’est d’ailleurs pas lui-même assuré du sens de cette pratique puisqu’il tente en seconde hypothèse de cerner la symbolique de la procession d’allumage, soit en évoquant le nombre décroissant de taureaux offerts quotidiennement lors de la fête de Souccot   , selon Chamaï ; soit en référant au principe d’exhaussement irréversible dans le processus de sanctification, selon Hillel .

Plus encore, ce texte révèle qu’il n’était pas entendu au départ que la règle était de procéder à un allumage progressif ou dégressif. Ce sont les « pieux d’entre les pieux » qui pour « magnifier » le mémorial de la dédicace du Temple, opèrent ainsi, soit en décroissance selon Chamaï, soit en croissance selon Hillel. Il s’agit donc d’une pratique surérogatoire au regard du précepte originel de marquer l’événement par une simple veilleuse allumée le soir, et cela durant huit jours. Un second passage talmudique apparemment sans rapport jette un sacré éclairage sur les jours « entrant » et « sortant » :

« Rav Hanan fils de Rabba enseigne : Les Calendes, ce sont les huit jours après le solstice d’hiver ; les Saturnales, les huit jours qui le précèdent. Les Sages   enseignent : Adam, le premier homme vit que la longueur du jour allait en déclinant (de jour en jour) et il se dit : ‘‘Malheur à moi, sans doute est-ce parce que j’ai failli (de par la faute originelle) que le monde s’obscurcit et régresse vers le chaos primordial ; telle est la mort qui m’a été assignée par les Cieux.’’ Il se mit à jeûner et à implorer durant huit jours. Lorsqu’il s’aperçut qu’à partir du solstice d’hiver, les jours commençaient à rallonger, il se dit : ‘‘Tel est en fait l’ordre de la nature’’ et il célébra le fait durant huit jours. L’année suivante, il fixa ces deux périodes de huit jours comme jours de célébration. Il le fit pour la gloire divine mais eux (les païens, et ultérieurement les Romains) le firent dans un but idolâtre » (Avoda zara 8a).

Selon cet enseignement, il y aurait eu antérieurement à la célébration de la dédicace du Temple une fête saisonnière du renouveau de la lumière instaurée par Adam, autrement dit, une pratique universelle remontant à la nuit des temps !

Le Talmud   décrit notamment les festivités romaines de fin d’année, du moins telles qu’elles furent fixées dans le calendrier à une certaine époque : les Saturnales du 17 au 24 décembre (huit jours), suivies des Calendes du 25 décembre au 1 janvier (huit jours) débouchant sur la nouvelle année.

C’est cette fête de lumière dont le point charnière et culminant se situait la nuit du 24 au 25 décembre qui est à l’origine de la célébration de Noël et Nouvel an. En effet, dans l’ancienne religion iranienne, Mithra était le dieu de la lumière, le symbole de la chasteté et de la pureté, combattant les forces maléfiques. Dès le IIe siècle, le culte de Mithra se répandit dans l’empire romain, surtout au sein de l’armée. Le solstice d’hiver célébré le 25 décembre (mais qui tombe en réalité le 21) était la fête la plus importante de l’an mithraïen, célébrant la renaissance de Mithra. Finalement, l’empereur romain Aurélien (270-275) le proclama fête du « Deus Sol Invinctus » (dieu soleil invaincu) et le Mithraïsme devint religion d’État. Plus tard, en 321, le dimanche, « Dies solis » (jour sous l’influence du soleil), fut adopté comme jour de repos dans tout l’empire romain, suite à un décret promulgué par l’empereur Constantin qui voulait tout à la fois contenter chrétiens et païens. Et au début du IVe siècle toujours, pour enrayer le culte païen des Saturnales et promouvoir le christianisme au sein du paganisme, le pape Sylvestre I fit avancer du 6 janvier au 25 décembre la commémoration de la naissance du Christ qui devint ainsi le nouveau « Dieu invaincu » en lieu et place de Mithra ou du dieu Soleil.

Comme le suggère le chercheur Moshe Benovitz, cette célébration païenne est très probablement également à l’origine de la pratique juive, ascendante ou descendante, d’allumage des bougies évoquée et dont la datte buttoir est la nuit du 24 au 25 du mois de Kislèv : L’allumage des veilleuses ne faisait pas partie de la célébration de Hanoucca à l’époque hasmonéenne. Il faut attendre plus d’un siècle après la victoire des Maccabim (en – 164) pour trouver les premières traces d’un lien entre allumage de bougies et fête de la dédicace. Nous avons de bonnes raisons de penser que cette pratique fut introduite à l’époque d’Hérode le Grand, peu après que Jules César introduisit son calendrier solaire dit julien, dans l’empire romain, en – 46. Dans la foulée de cette adoption, nombreux furent ceux qui commencèrent à célébrer le solstice d’hiver, lors de la “naissance du soleil”, soit au moment où les jours commencent à rallonger. Les Saturnales romaines du 17 décembre qui étaient à l’origine une fête agraire évoluèrent vers une fête de solstice au cours du premier siècle avant notre ère. Deux nouveaux rituels furent alors introduits : l’allumage de bougies sur l’autel de Saturne à Rome et la coutume de s’offrir à cette occasion des bougies de cire. […] Quoique les Juifs n’adoptèrent aucunement le calendrier julien, il semble qu’ils se mirent à célébrer la dédicace en allumant également un nombre croissant de bougies, avec le rallongement des jours. Ce n’est qu’ultérieurement que l’allumage des bougies de Hanoucca fut associé au miracle de la fiole d’huile.

Ainsi, « les jours sortant » du texte talmudique correspondraient aux huit derniers jours de la diminution de lumière solaire quotidienne, jusqu’à ce que, avec le solstice d’hiver, les jours rallongent ; tandis que « les jours entrant » seraient les huit premiers jours d’augmentation de lumière, depuis le solstice d’hiver.

Cela laisse supposer du reste que l’école de Chamaï célébrait les huit jours de Hanoucca du soir du 17 jusqu’au soir sortant du 24 (soit le 25) Kislèv, et non depuis cette date, comme le faisait Hillel, et comme cela se pratique désormais dans la tradition juive, jusqu’au 2 Tévèt .

Quoi qu’il en soit, il apparaît clairement que la pratique d’allumage progressif ou dégressif s’est greffée sur la fête ancestrale et universelle du solstice d’hiver, plutôt qu’elle ne fut inspirée du fameux miracle de la fiole d’huile rapporté par le midrach   talmudique qui du reste –mais c’est une autre question– est de rédaction très tardive par rapport aux événements évoqués :

Lorsque les Hellénistes eurent investi le Sanctuaire, ils y souillèrent toutes les huiles. Et lorsque les hommes de la dynastie hasmonéenne parvinrent à les défaire (et pénétrèrent dans le Temple), ils cherchèrent (de l’huile intacte) mais ne trouvèrent qu’une seule fiole encore cachetée/scellée par le sceau du grand prêtre. Elle ne contenait une provision d’huile suffisante que pour l’allumage (de la Menora) d’une journée. Il y eut un miracle et elle brûla durant huit jours. L’année suivante, on fixa ces jours, en les célébrant comme jours de fête, de louange et de gratitude (Chabbat 21b).

S’il s’agissait seulement de célébrer la prolongation surnaturelle du feu de la fiole, on voit mal comment la coutume d’allumage dégressif de Chamaï ferait sens. De fait, le Talmud   lui-même à la même page ne s’y réfère guère pour expliquer les pratiques de Chamaï ou de Hillel et au contraire se risque comme vu plus haut à d’autres interprétations ! Celle qui renvoie aux jours entrant et sortant demeurait absconde. En revanche, en conjoignant les deux passages talmudiques, il devient possible de décrypter la visée symbolique première des deux Sages  , en interprétant le sens des deux moments de l’expérience hivernale d’Adam, tels qu’ils ressortent du midrach  . Chamaï se serait focalisé sur les huit jours d’imploration d’Adam jusqu’à l’arrêt de l’obscuration, au solstice d’hiver ; Hillel, sur les huit jours de célébration du renouveau de la lumière solaire.

Et puisque ce thème s’est trouvé secondairement associé à celui de la dédicace, il convient de se demander comment symboliquement ils s’articulent.

Pour Chamaï, la diminution du nombre de bougies de jour en jour ressemble à un compte à rebours. L’esprit est tout entier tourné vers l’espoir et l’attente du retour de la lumière solaire qui vient restaurer l’ordre naturel déficient. C’est aussi dans l’esprit du midrach   précité (Avoda zara 8a), une manière de conjurer la malédiction du péché primordial. La lumière déclinante des bougies est en somme métaphore de la finitude de l’âme humaine jusqu’à ce qu’elle soit relayée et sauvée par la lumière divine. Par suite, la purification du Temple aboutissant sur la dédicace préfigure l’aboutissement messianique de ce processus initié à l’aube des temps.

Tandis que pour Hillel, l’augmentation du nombre de bougies de jour en jour exprime la réjouissance et la reconnaissance que l’on se doit d’exprimer devant la lumière naturelle retrouvée, et par superposition, pour la victoire des Judéens sur les Séleucides, lors de la libération du Temple. Ici, c’est le ressourcement quotidien de l’âme humaine grâce à l’apport de la lumière divine qui est célébré. C’est ici et maintenant que la providence divine dont la victoire nationale est un haut fait, doit être savourée et valorisée.

Chamaï se situe sur le versant de la réduction de la lumière, en posture de contrition, en vue de l’avènement d’une nouvelle lumière, là où Hillel se place sur le versant de la gratitude bâtie à partir de l’avènement advenu. Le premier se focalise sur ce qu’il reste à accomplir. Le second, sur ce qui a déjà été accompli . Juifs et chrétiens n’ont finalement retenu pour l’essentiel que les huit jours de célébration joyeuse, se retrouvant là où pourtant ils se séparent.

Rivon Krygier est le rabbin   de la communauté Massorti   Adath Shalom   à Paris

Article publié dans l’Arche nov. 2007

8 Messages de forum

  • Les lumières descendantes et ascendantes de Hanoucca et… de Noël 15 décembre 2008 10:57, par moi et moi je !

    Quel honte comparer noel et hanouka !!
    Et tu te crois cultive...

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    • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 15 décembre 2008 12:09, par Guershom

      Quelle honte de comparer la Pâque juive aux Pâques chrétiennes ! Quelle honte de dire que Shavouot tombe 49 jours après Pessa’h, comme la Pentecôte chrétienne 49 jours après Pâques ! Quelle honte d’oser dire que Jésus était juif (si si !) et même de prononcer son nom ! Quelle honte de dire que dans beaucoup de cultures, on trouve une fête au début de l’hiver pour réchauffer les coeurs et une au printemps pour annoncer les beaux jours ! Quelle honte de rappeler que le Jour de l’an marque la circoncision de Jésus ! Quelle honte de rapprocher les rituels juifs de coutumes "primitives" encore plus anciennes !

      Oui, c’est vrai, mieux vaut rester "cultivé" comme vous dites, s’adresser à un Rav comme si on avait élevé les coch...boeufs avec lui et croire que nous les Juifs, nous sommes les seuls à avoir tout compris et que nous n’avons aucun lien avec les autres...

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      • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 16 décembre 2008 11:13, par anonyme

        Cher M.

        Vous m’accusez de m’adresser à un « rav » de telles manières, mais vous ne me connaissez pas, peut-être ai-je élevé les petit mouton avec lui.

        Pour moi les titres rabbiniques n’ont que peu de valeur. Si on a une recherche de vérité et on n’est prêt à faire des sacrifices pour atteindre cette vérité, on la trouvera. en baratinant avec un langage subversif au nom du respect de l’être humain (bafoué par certain courant du judaïsme, on se demande lesquels) oui, on est apprécié par les gens qui on rien à faire de la religion et sont contents de trouver même un rabbin qui leur donne raison

        Avant de répondre, réfléchissez que signifie pour vous le mot religion ? Une culture ? Des coutumes ? ou bien peut-être des obligations envers le divin ?

        On peut se tromper en pensant avoir tout compris. Mais on peut aussi avoir raison . Par contre donner (soi-disant) raison à tout le monde est un non-sens, les juifs qui accusèrent Jésus d’imposteur ont, soit tort soit raison. Jésus est soit un imposteur soit ne l’est pas. Il n’y a pas de juste milieu.

        Pourquoi ne prenez-vous donc pas une position ?

        Rester dans cette idéologie vaseuse de « tout le monde mérite le respect » est ridicule. On ne parle pas de gens ni d’individu on parle d’idée, nuance. La chrétienté pense que nous sommes idiots de ne pas manger de pain à pâque, nous pensons que l’idée chrétienne de faire ce qu’ils font à leur pâque est idiote.

        Le judaïsme c’est toujours opposé à la chrétienté mais cette opposition était longtemps censurée dans les textes juifs, (on se demande pourquoi !). Aujourd’hui nous avons accès à cette censure et nous savons le mal que nous a causé l’église. Ne l’ignoront pas !!!
        Combien de communautés juives ont trouvé la mort durant l’époque des croisades, ne l’oublions pas
        Combien de juifs se sont converti contre leur gré sous peine de torture, ne l’oublions pas.

        Et ensuite on place dans une même phrase « Hanoucca et… Noël »
        Quelle honte…

        Le yahrtseit d’Hitler tombe à hanoukka, une petite pensée pour un grand homme…

        « corriger-moi !! »

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        • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 16 décembre 2008 23:07, par Yosse

          Tres interessant au contraire. Aussi la reaction qui montre des juifs qui ont peur de la culture et du savoir. Merci Massorti de repousser l’obscurantisme juif courage et tenez bon.

          hanouka sameah a tous...

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        • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 17 décembre 2008 11:19, par Guershom

          Bonjour anonyme,

          J’ignore si vous êtes la même personne que "moi je et moi je" à qui j’avais répondu ?

          Il n’y a rien de honteux à comparer Noël et ’Hanoukkah, surtout quand on le fait comme le Rav Krygier dans un texte développé et référencé. Il n’y a rien de honteux à dire que de nombreux rituels juifs s’inspirent de rituels encore plus anciens. Il n’y a rien de honteux à dire que les mois du calendrier juif sont des noms issus d’une autre culture (si vous ne savez pas celà, alors renseignez-vous !). Il n’y a rien de honteux à parler de Pâque juive, de Pentecôte juive (les Siddourim le faisaient encore il y a quelques années, jusqu’à l’apparition du novlangue ultra-orthodoxe qui censure tout terme qui pourrait nous rapprocher du christianisme). Il n’y a rien de honteux pour les Juifs - je dirais même au contraire, c’est plutôt flatteur - à dire que de nombreux rituels chrétiens sont issus du rituel juif.

          Bien évidemment, le christianisme et le judaïsme sont deux religions différentes et il ne saurait y avoir de syncrétisme. Vous semblez confondre deux postures intellectuelles qui n’ont rien à voir. Le Rav Krygier n’a pas "donné raison à tout le monde", où donc avez-vous lu cela ? Dire par exemple que Jésus était juif, c’est donner raison à tout le monde ??!

          Jésus, imposteur ou pas ? Vous me demandez de prendre position mais je vais vous dire : le judaïsme a existé avant Jésus et n’a pas besoin de lui. Si je dis que Jésus est un imposteur (encore faudrait-il définir ce terme et entrer dans une discussion très longue sur les origines du christianisme...), je vais choquer mes frères chrétiens, alors pourquoi le dire ? Cette question ne m’intéresse guère et je ne vois pas pourquoi elle devrait passionner les Juifs. Constatons simplement un fait objectif : Jésus n’est à l’évidence pas un imposteur pour le milliard d’êtres humains, issus comme nous du Créateur, qui croient en lui. Respectons-les comme eux doivent nous respecter.

          Vous pensez que "les gens qui on rien à faire de la religion" se retrouvent chez les massortis. J’ignore où vous avez pêché cela. Je connais au contraire pas mal de Juifs détachés de la religion mais qui reconnaissent uniquement l’orthodoxie comme judaïsme véritable. En fait, c’est une manière de compenser leur ignorance et leur absence de pratique. Ils vont faire leurs courses shabbath, manger des fruits de mer (ce que les massortis, en tout cas ceux que je connais, ne feront jamais) mais surtout, ne leur parlez pas de prier dans une synagogue massorti ! A côté d’une femme, quelle horreur ! (mais manger un aliment interdit, no problem). Et quand ils ont besoin d’un rabbin (circoncision, bar-mitsva, enterrement), ils se tournent automatiquement vers l’orthodoxie.

          Oui Monsieur, tout le monde mérite le respect, au moins ceux qui respectent les sept lois noa’hides, ce n’est pas ridicule de le dire, ou alors vous pensez que la Halakha est ridicule ?

          Je ne pense pas que tous les chrétiens nous croient idiots de ne pas manger de pain à Pessa’h, ou alors vous connaissez le 1 milliard de chrétiens pour l’affirmer ? L’idiot, c’est celui qui raille la croyance de l’autre, et on en trouve dans chaque religion. Personnellement, je ne trouve pas ça idiot pour un chrétien de chercher les oeufs (l’équivalent chez nous de la recherche du ’Hametz) et d’offrir un oeuf en chocolat pour Pâques.

          Oui, beaucoup de Juifs ont été forcés de se convertir, mais il y a eu aussi, ne vous en déplaise, des Juifs qui se sont convertis volontairement, que faites-vous de ceux-là ? Crachez-vous au visage de Max Jacob, de Jean-Marie Lustiger ? Leur quête est-elle moins respectable que la nôtre ? Mais de quel droit ?

          Répondre à ce message

          • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 18 décembre 2008 01:07, par Gérard

            Incroyable comme des gens peuvent être étroits d’esprit !

            Pauvre esprit humain incapable de réfléchir sur l’origine de sa propre culture, de ses propres fêtes.

            En consultant cet excellent site, bravo, je suis choqué du nombre de réactions d’orthodoxes débiles et injurieux. Je les savais bornés et bêtes, mais à ce point cela fait peur. Il y a vraiment un problème dans leur éducation, ils n’ont même pas appris à réfléchir. Est-ce le résultat de l’école juive ? Si oui, j’ai bien fait d’en retirer mes enfants, chez qui je commençais à entendre des discours douteux !

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          • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 18 décembre 2008 11:10, par anonyme

            Bonjour.

            J’essayerai de réagir à chacune de vos réactions envers cet anonyme. Excusez-moi le désordre….

            Bien évidemment, le christianisme et le judaïsme sont deux religions différentes et il ne saurait y avoir de syncrétisme. Vous semblez confondre deux postures intellectuelles qui n’ont rien à voir. Le Rav Krygier n’a pas "donné raison à tout le monde" où donc avez-vous lu cela ?

            Il me semble évident, que s’il n’y a pas de syncrétisme possible entre judaïsme et christianisme et que l’un n’est qu’une « gros attrape pigeon » alors tout les rituels découlant de cet attrape-pigeon ne représente que le souvenir d’une vieille farce… on ne peut donc même mettre en parallèle les rituels es deux religions. Si on le fait c’est qu’on donne raison au deux et ça c’est bien évidemment un manque de prise de position qui n’a pas lieu d’être pour un rabbin.

            Dire par exemple que Jésus était juif, c’est donner raison à tout le monde ??!

            Non car tout le monde est d’accord qu’il l’était (en général)

            Jésus, imposteur ou pas ? Vous me demandez de prendre position mais je vais vous dire : le judaïsme a existé avant Jésus et n’a pas besoin de lui. Si je dis que Jésus est un imposteur, je vais choquer mes frères chrétiens, alors pourquoi le dire ? Cette question ne m’intéresse guère et je ne vois pas pourquoi elle devrait passionner les Juifs.

            Je ne vous demande pas de le dire (au contraire, pourquoi choquer nos frères ?) Prendre position veut pour moi dire être intellectuellement claire sur la question. Et si vous l’étiez, vous trouverez impossible la mise en parallèle des rituels des deux religions…en cela il me semble qu’il y a un manque de prise de position.

            Constatons simplement un fait objectif : Jésus n’est à l’évidence pas un imposteur pour le milliard d’êtres humains, issus comme nous du Créateur, qui croient en lui.

            Je ne vous suis pas ? si c’est un imposteur, il trompe le milliard d’êtres humains, issus comme nous du Créateur, qui croient en lui en jesus en tant que « fils », par erreur.

            Respectons-les comme eux doivent nous respecter. Oui Monsieur, tout le monde mérite le respect, au moins ceux qui respectent les sept lois noa’hides, ce n’est pas ridicule de le dire, ou alors vous pensez que la Halakha est ridicule ?

            Je pense qu’il y a une contradiction dans vos paroles ! vous sous-entendez qu’il est possible qu’un goy qui ne respecte pas les sept lois noa’hides ne mérite pas respect mais pourtant tous juif est astreint des613 commandement autant qu’un non-juif des sept lois noa’hides. Pensez-vous qu’un juif qui ne respecte pas les mitsvot ne mérite pas respect ? pas moi, ne juge pas ton prochain tant que tu n ‘es pas à sa place…

            Je ne pense pas manquer de respect à qui que soit en exprimant avec clarté ma compréhension du monde et en espérant recevoir des réactions constructives.

            Oui, beaucoup de Juifs ont été forcés de se convertir, mais il y a eu aussi, ne vous en déplaise, des Juifs qui se sont converti volontairement, que faites-vous de ceux-là ?

            Je ne comprends pas… tout d’abbord un rabbin massorti ou pas vous informerez que cette procédure est nulle et non-avenue, mais de plus, je ne les juge pas je porte jugement uniquement sur l’idéologie qu’il supporte. Evidement j’ai de la peine, de la tristesse de penser que des bnei-israel se soit égarer et je pris avec cœur pour leur retour… (vous, non ?)

            Crachez-vous au visage de Max Jacob, de Jean-Marie Lustiger ? Leur quête est-elle moins respectable que la nôtre ? Mais de quel droit ?

            Je ne crache au visage de personne. Une fois pour toute, je vous répète j’ai passé le cap de parler des gens ou des peuples, je parle des idées !
            Jean marie Lustiger, a été « ravi » depuis son plus jeune age il a grandi comme un chrétien et a fait son chemin. Ce n’est pas à moi de le juger je n’ai pas la moindre idée de ses choix…
            Pour votre information (dans le but d’un débat plus fécond) je me fiche pas mal des hommes en noir…je n’appartiens à aucun courant je suis un anticonformiste. C’est d’ailleurs par ce biais que je débats (avec plaisir) avec vous.

            cordialement

            Répondre à ce message

            • La culture, c’est comme la confiture (d’étrog) 18 décembre 2008 18:30, par Guershom

              Bonjour anonyme.

              Vos enchaînements et vos conclusions sont hâtifs.

              Ecrire comme je l’ai fait que le christianisme et le judaïsme sont deux religions différentes et qu’il ne saurait y avoir de syncrétisme ne signifie pas, comme vous le déduisez à tort, que l’une des deux est un "gros attrape pigeon" (si j’aime Camus, ça ne veut pas dire que je trouve stupide ceux qui aiment Proust).

              On peut évidemment mettre en parallèle les rituels des deux religions ou d’autres religions (on peut aussi les distinguer, naturellement). Par exemple, mettre en parallèle Pâques/Pessa’h avec Pentecôte/Shavouoth peut se faire ne serait que parce que 49 jours séparent les deux fêtes et que les deux groupes de fêtes tombent à peu près en même temps dans les deux religions (comme dans d’autres cultures, la fête qui annonce le printemps - Pessa’h). Il y a de nombreux autres exemples...

              Mettre ces parallèles en évidence n’est pas donner raison aux deux...il s’agit simplement de noter des points communs.

              Je ne vois pas en quoi ce que j’ai écrit sur Jésus ou l’article du Rav Krygier vous fait penser à une hésitation sur la figure de Jésus ou sur le christianisme...vous adoptez un tic hélàs de plus en plus répandu qui consiste à traiter d’hérétique ou à critiquer quiconque ose parler de Jésus ou du christianisme (le nouveau Grand Rabbin de France en a fait les frais pendant la campagne pour avoir osé - crime absolu ! - publier un livre de conversations avec un prêtre).

              "Je ne vous suis pas ? si c’est un imposteur, il trompe le milliard d’êtres humains, issus comme nous du Créateur, qui croient en lui en jesus en tant que « fils », par erreur."

              Mais vous persistez à ne pas définir ce qu’est un "imposteur" à vos yeux, et vous ne saisissez pas que ce qui est vrai pour x n’est pas forcément vrai pour y, et inversement. Il faut de tout pour faire un monde ! Par exemple si je vous dis "Ariel Sharon a tout fait pour enterrer le processus de paix", hé bien certaines personnes ne sont pas du tout d’accord et vous diront qu’au contraire, il a rendu Gaza et que c’est un grand homme de paix. D’autres encore vous diront que c’est un criminel pas parce qu’il a tué des Palestiniens mais précisément parce qu’il a rendu Gaza. Vous voyez, la vérité, c’est relatif, c’est subjectif...

              "Je pense qu’il y a une contradiction dans vos paroles ! vous sous-entendez qu’il est possible qu’un goy qui ne respecte pas les sept lois noa’hides ne mérite pas respect mais pourtant tous juif est astreint des613 commandement autant qu’un non-juif des sept lois noa’hides. Pensez-vous qu’un juif qui ne respecte pas les mitsvot ne mérite pas respect ? pas moi, ne juge pas ton prochain tant que tu n ‘es pas à sa place…"

              Un non-Juif qui assassine (violation d’une des sept lois noa’hides) ou qui torture un animal pour le manger (autre loi noa’hide) ne mérite pas mon respect. Un Juif qui assassine (violation d’une des 613 mitsvot) ou qui torture un animal (idem) ne le mérite pas plus.

              "Je ne pense pas manquer de respect à qui que soit en exprimant avec clarté ma compréhension du monde et en espérant recevoir des réactions constructives."

              Vous manquez de respect à certaines personnes lorsque vous affirmez que leur croyance est un "attrape-pigeon". Vous contrevenez aussi à la Halakha qui donne toute sa part au monde futur aux non-Juifs (à condition qu’ils respectent les sept lois noa’hides).

              "Je ne comprends pas… tout d’abbord un rabbin massorti ou pas vous informerez que cette procédure est nulle et non-avenue,"

              Pas du tout, il y a ma’hloquet sur la question mais sachez que certains rabbins au contraire estiment que quelqu’un qui s’est publiquement converti à une autre religion ne fait plus partie du klal et doit passer par une immersion au mikvé (une sorte de conversion, donc...) pour pouvoir de nouveau compter dans un minyan.

              "mais de plus, je ne les juge pas je porte jugement uniquement sur l’idéologie qu’il supporte. Evidement j’ai de la peine, de la tristesse de penser que des bnei-israel se soit égarer et je pris avec cœur pour leur retour… (vous, non ?)"

              Qu’est-ce qui vous permet de dire qu’ils se sont égarés ? Ont-ils affirmé s’être égarés ? Qui s’égare le plus : celui qui bouffe du porc, fête Noël et pas ’hanoukkah, viole shabbath, ne connaît rien au judaïsme mais croit qu’il est juif, ou celui qui adopte consciemment et profondément une spiritualité ? (sans pour autant nier ses origines : Max Jacob et Lustiger n’ont jamais eu honte de leur judéité - contrairement à certains spécimens de la définition plus haut - qui a d’ailleurs coûté sa vie au premier).

              ’Hanoukka saméa’h !!

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