Mûrir sa décision :
Le candidat doit d’abord bien réfléchir à sa décision et la prendre en connaissance de cause, c’est-à-dire en ayant déjà étudié le judaïsme, ne serait –ce que par des lectures, en ayant commencé à fréquenter une communauté juive. Le même candidat doit avoir également pris des renseignements sur les différents courants du judaïsme, ce qui les oppose et ce qui les réunit, afin de savoir où il met les pieds.
Une fois sa décision prise en toute conscience, le candidat doit prendre contact avec un rabbin Massorti . En France le choix est limité pour le moment, mais il existe.
Depuis 2010, nous avons également mis en place un système de suivi par internet pour les candidats éloignés et l’apprentissage peut ainsi se faire à distance (la fréquentation de la synagogue la plus proche est bien entendu demandée, que cette synagogue soit consistoriale ou autre, peu importe ; l’essentiel est que le candidat intègre la vie juive).
Pour ce programme à distance contacter le rabbin Yeshaya Dalsace responsable de ce dossier : yeshaya@massorti.com
Délais de conversion
Au sein du mouvement Massorti , en principe il n’y a pas de délai d’inscription au programme de conversion. Si le candidat est motivé, il peut immédiatement suivre les cours (cela peut varier d’une structure de cours à l’autre pour des raisons de niveau de classe). Les cours par internet sont accessibles immédiatement.
Dans certains cas, on demande que le candidat suive d’abord un cycle d’étude juive afin de mûrir sa décision.
Les délais de conversion sont variables d’un dossier à un autre, cela peut durer d’un an à deux ou trois ans. On tient bien entendu compte de chaque situation : situation familiale, âge, connaissances déjà acquises, démarche préalable auprès d’une autre organisation juive (Consistoire , Mouvement libéral ou autre…)
Chaque rabbin tuteur doit être à même de juger du sérieux et de l’aboutissement de la démarche.
L’apprentissage :
Dès lors que le rabbin accepte la candidature à la conversion, il faudra fréquenter assidûment sa communauté et participer à toutes ses activités. Tout occasion est bonne pour progresser. C’est au candidat à faire ses preuves et non au rabbin de le tirer vers lui. C’est donc au candidat de prendre contact, de prendre l’initiative de lire et de progresser dans sa connaissance. C’est à lui d’être présent sans attendre qu’on lui demande de venir.
Après une certaine période d’apprentissage du judaïsme, période qui peut varier d’un candidat à l’autre et d’une situation personnelle à l’autre (ainsi que d’un rabbin à un autre). Le rabbin chargé du dossier de la conversion fera passer un examen de conversion au candidat ainsi qu’un entretien privé. S’il estime le candidat prêt, il permettra à celui –ci de se présenter devant le Beit Din. Cette période d’apprentissage dure en général deux ans. Elle peut être plus courte si le candidat est déjà prêt (juif par le père qui désire réguler sa situation par rapport à un judaïsme qu’il pratique déjà, conversion précédente par le mouvement réformé qui ne serait pas reconnue par le mouvement Massorti et exigerait un Guiour lehoumra…) ou si certaines circonstances exceptionnelles poussent à accélérer le processus (nous restons à l’écoute des personnes que nous avons en face de nous et chaque cas demeure personnel et particulier).
Cela peut prendre plus de temps, jusqu’à quatre ans, si le candidat ne fait pas d’efforts suffisants ou progresse trop lentement dans son apprentissage.
En principe, nous sommes contre une démarche trop longue, signe que la personne ferait mieux d’abandonner.
De facto, la plupart des candidats abandonnent en route et finissent par se rendre compte que l’engagement juif reste au-dessus de leurs capacités ou de leurs envies. Dans un tel cas d’abandon de la démarche, la personne reste la bienvenue dans la communauté juive si elle désire continuer à la fréquenter (elle est une forme de Guer Toshav, d’étranger résidant). Elle peut continuer à participer à des activités, et peut-être un jour reprendre et faire aboutir sa démarche de conversion.
Dans tous les cas, le rabbin reste totalement à l’écoute du candidat. Entre les deux, doit s’établir un rapport de confiance et de sincérité. Le but n’est pas de « coincer » ou de « fliquer » le candidat, mais de l’aider dans sa démarche spirituelle et identitaire. C’est pourquoi il est extrêmement important de préparer des questions à poser régulièrement au rabbin . Le questionnement restant au centre du judaïsme. Se convertir au judaïsme ne consistant pas à se plier à un système de croyances, mais à se placer dans une lignée du questionnement et de la remise en question à travers une tradition particulière, celle du judaïsme.
Connaissances requises pour le Beit Din :
Parfaite maîtrise du calendrier juif, des différentes fêtes et coutumes.
Parfaite maîtrise des règles servant à gérer un foyer juif, Kashrout , fêtes, shabbat, Nida …
Connaissance de la Bible et des grands textes juifs, ne serait –ce que par des ouvrages de vulgarisation (Talmud , Midrash , mystique, Halakha …)
Connaissance de l’histoire juive, de l’antiquité à nos jours et des grands débats qui traversent le monde juif actuellement.
Connaissances de base de la langue hébraïque, lecture fluide du livre de prières. Connaissance par cœur des principales bénédictions. Construction d’une théologie personnelle à partir de quelques textes de la pensée juive.
Toutes ces connaissances sont assez facile à obtenir pour peu que l’on se donne la peine de lire les ouvrages adéquats, de consulter Internet et de faire un effort quelque peu intensif. Il ne faut donc pas se décourager mais se mettre au travail. Il faut procéder de façon systématique et scolaire, comme si on préparait une sorte de concours. Il ne faut pas hésiter à faire part au rabbin de la moindre difficulté. Le rabbin est là pour aider, non pas pour enfoncer. Mais il va de soi qu’une telle démarche et de telles exigences exigent d’être passionné. Certains candidats, profondément sincères, n’arrivent pas, pour des raisons personnelles ou des capacités d’apprentissage limitées, à remplir un tel cahier des charges. Le rabbin tiendra compte de leurs limites et pourra même plaider leur cause auprès du Beit Din, si cela s’avère nécessaire. Le judaïsme est une religion extrêmement intellectuelle, mais il ne ferme pas ses portes aux gens plus simples, dès lors qu’ils sont sincères et engagés.
Le Beit Din :
Il s’agit de la réunion de trois rabbins qui s’entretiennent avec le candidat, lui posent des questions, jugent de sa motivation et de ses connaissances en judaïsme. Si le Beit Din, après délibération, considère que le candidat est prêt, il accepte officiellement celui –ci. Le candidat s’engage alors solennellement à respecter le judaïsme, son système de croyances et la pratique des mitsvot.
Le candidat part ensuite au mikvé pour la cérémonie de conversion proprement dite, en présence du Beit Din ou de ses délégués. Si c’est un garçon, il aura été circoncis préalablement selon le rituel adéquat (la circoncision est indispensable, mais se fait sous anesthésie pour les adultes ou les enfants déjà grands).
Après le mikvé , le candidat revient devant le Beit Din qui l’accueille solennellement comme un juif à part entière.
Le candidat reçoit un certificat de conversion dans lequel figure entre autres le prénom hébraïque de son choix.
Sa communauté lui fera une fête et il montera solennellement pour la première fois à la Tora.
Conversion à distance :
A priori, le mouvement Massorti ne cherche pas à pratiquer de telles conversions. Cela pose beaucoup de problèmes techniques et il est préférable de pouvoir fréquenter effectivement la communauté de son rabbin . Cependant, nous acceptons d’aider des personnes sérieuses qui autrement ne trouveraient pas de solution.
Dans le cas où la distance rendrait impossible une fréquentation assidue de la communauté Massorti la plus proche, le candidat doit néanmoins fréquenter une communauté juive et participer à ces activités. L’idéal voudrait que le rabbin de ladite communauté soit au courant de la démarche et travaille en collaboration avec le rabbin Massorti chargé du dossier. Cela arrive et certains rabbins orthodoxes acceptent de collaborer avec le mouvement Massorti . Il faut comprendre que la conversion par le biais du consistoire demeure, jusqu’à preuve du contraire, un véritable parcours du combattant parfois totalement irréaliste, voire occasionnellement destructeur pour le candidat à la conversion qui peu en ressortir dégoûté du judaïsme et profondément blessé. Nous, Massorti , sommes totalement opposés à une telle politique. On ne peut juger qu’en ayant essayé, nous invitons donc les personnes en question à prendre contact avec le Consistoire , tout en sachant qu’il existe d’autres solutions tout à fait viables et que le consistoire n’a strictement aucun monopole.
Dans un cas de conversion à distance, le candidat doit avoir la même évolution et le même engagement que s’il se trouvait plus proche. Il doit surtout comprendre que sa conversion n’est pas au mouvement Massorti , mais au judaïsme par le biais du mouvement Massorti (nuance essentielle !). Il doit donc fréquenter la synagogue qui lui est proche sans attacher trop d’importance aux courants idéologiques. Il faut voir ce qui rassemble et non ce qui sépare. Il doit cependant avoir conscience que certains rabbins orthodoxes ne reconnaîtront pas sa conversion et que cela peut rester un inconvénient pour lui et ses éventuels enfants à naître.
Pour le reste, le candidat à distance doit avoir accompli la même formation et le même engagement dans une vie juive active que le candidat normal. Pour cela, même à distance, il doit tout faire pour rester en contact avec le rabbin Massorti qui s’occupe de son dossier et sera à même de le conseiller.
Après la conversion :
Le nouveau converti doit être considéré comme un juif à part entière et personne n’a le droit de rappeler son statut et son passé. La règle exige une extrême discrétion sur la question.
La conversion ne représente qu’une étape. Le nouveau converti doit continuer son chemin dans l’apprentissage et la pratique du judaïsme. Comme tout juif, il est censé continuer à étudier quotidiennement la Tora jusqu’au jour de sa mort.
Nous lui conseillons fortement de se fixer un nouveau défi : la bar/bat mitsva . Apprendre une Parasha et la lire solennellement à la synagogue en faisant une fête de circonstance. Il doit également s’engager dans une vie sociale juive active et aider au bon fonctionnement de sa communauté (les projets et besoins ne manquent pas).
Certains candidats à la conversion, une fois la pression du Beit Din retombée, relâchent leurs efforts et leur pratique des mitsvot. Nous, les rabbins , ne pouvons que le déplorer mais cela relève de la responsabilité du candidat. Nous le mettons en garde contre un trop grand relâchement qui le mènera peu à peu à déprécier son judaïsme et ne pas en faire grand-chose (c’est hélas trop souvent le cas). C’est avant tout dommage pour lui et pour son engagement.
Le judaïsme est une religion de l’effort, de l’étude, de l’engagement personnel, du travail sur soi, de la volonté de changer le monde et de l’améliorer en s’améliorant soi-même.
Il ne faut jamais oublier qu’il n’y a pas de stagnation, il y a, soit des progrès, soit une régression…
Être juif n’est pas une chose facile, personne n’a demandé au candidat à le devenir, c’est son choix et son engagement, à lui de savoir en être digne.
De notre côté nous restons là pour continuer à l’aider.





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