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Le sexisme de Pharaon
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Israël sauvé par les femmes de l’oppression de l’ordre masculin.

L’entrée dans le livre de l’Exode est traumatisante : ce qu’il a fallu à la Genèse cinquante chapitres pour construire – la réconciliation entre les frères, le modèle éthique de la famille d’Israël -, il suffit d’un seul chapitre de l’Exode pour le mettre à mal et le faire tomber à l’eau.

La phrase de Pharaon est en effet péremptoire et scelle le sort d’Israël de manière définitive : « Tout fils, vous le jetterez au fleuve, et toute fille vous la ferez vivre » (Exode 1, 22). Les garçons seront tués, et les filles mariées... S’en est ainsi fini du beau projet éthique d’Israël : face au politique et à la force de sa logique interne, il n’a pas fait long feu.

Rien ni personne ne semble pouvoir s’opposer au projet génocidaire (pour les garçons) et assimilationniste (pour les filles) de Pharaon. Rien ni personne ? Si précisément ces femmes que Pharaon a si vertement méprisées en pensant qu’elles ne feraient pas le poids face à leur maris, qu’elles resteraient soumises et modestes face à l’autorité incontestable – car religieusement fondée (nous sommes en Egypte !) – de leurs maris.

Cela commence avec les sages  -femmes, qui refusent de tuer les enfants, car elles craignent Dieu (Exode 1, 17).

Cela continue avec Myriam, sœur de Moïse, qui d’après le Midrach  , refuse de céder au diktat de son père, et le convainc de se remarier avec sa femme, et d’engendrer ainsi Moïse (Exode 2, 1).

Cela se poursuit avec sa mère, qui le cache d’abord, puis s’arrange pour respecter la lettre de l’ordre de Pharaon, tout en donnant une chance à son fils (Exode 2, 3).

Cela se termine enfin par l’intervention de la propre fille de Pharaon, qui bravant l’ordre de son père, sauve cet enfant hébreu, l’adopte avec l’aide de sa sœur et de sa mère, et lui donnera son nom et sa stature : Moïse.

Dans cette histoire époustouflante, il n’y a que des femmes qui agissent et qui résistent. Car même l’acte de bravoure d’Amram, père de Moïse (Exode 2,1), est mis par le midrach   sur le compte de Myriam, la prophétesse.

En d’autres termes, sans le courage des femmes qui résistent dans le secret à l’ordre politique éclatant et inhumain imposé par les hommes, il n’y aurait jamais eu ni Moïse, ni Torah. C’est elles qui vont créer les conditions nécessaires pour qu’Israël puisse sortir de la crise – la sortie d’Egypte et la constitution du peuple au Sinaï. Voilà ce que Pharaon le machiste n’avait pas compris, et voilà pourquoi son projet a échoué : il a cru que les femmes étaient quantité négligeable, pure passivité destinée à être avalée par l’activité toute-puissante des maris.

Sortir d’Egypte, c’est sortir de ce modèle pharaonique qui est la négation même du projet d’Israël. C’est ne pas oublier que c’est Pharaon qui parle comme ça, que c’est Pharaon qui crache sur les filles – et les méprisent profondément – en les comptant pour rien, peut-être parce qu’il les trouve indécentes par la seule expression de leur féminité ?

La femme ne doit-elle pas être que l’image de ce que je veux d’elle, et ne surtout pas dépasser cette image, car alors elle pourrait m’induire en tentation et me faire perdre ma maîtrise, mon pouvoir et mon ascendance ?

Mépriser ainsi les femmes, c’est mépriser la Torah que Moïse n’aurait jamais pu nous donner sans l’aide des femmes. Israël, souviens-toi de ton passé, si tu ne veux pas oublier ton avenir, et ouvre-toi à l’aventure de la transmission par les femmes : ce sont elles qui nous ont transmis Moïse !

Chabat Chalom.

Yedidiah

1 Message

  • Le sexisme de Pharaon 22 janvier 15:19, par Betsalel Laurent ELOUNA

    C’est tout simplement formidable ; puisse le Ciel continuer de gratifer Yssrael de telles femmes ; et se taise le machisme en Yssrael/

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