Le but est de nous connaître à travers les patriarches. La Torah est comme la carte d’identité d’Israël. La vocation et la destiné des anciens sont comme autant d’indices de notre raison d’être. Le juif ne doit pas seulement se penser comme individu mais il existe aussi comme un être inscrit dans une lignée, un projet.
En raison de la polémique judéo-chrétienne, la loi a souvent été attaquée. Le rôle de la loi dans la tradition juive est celle d’un squelette pour un individu. Notion de dépassement de soi qui est porté par la loi. C’est aussi un défi. Mais le judaïsme ne doit pas être réduit à la loi, il n’est pas que la loi.
Dés les premiers écrits talmudiques (Michna ) et dans la Guémara, les rabbins expriment l’idée qu’à côté de la Tora écrite il y a une Tora orale.
Le chiffre de 613 (pour les commandements) est symbolique. La valeur numérique du mot Tora = 611. Dans le décalogue, les 2 premières paroles sont formulées à la première personne = 2 en +.
Certains ne sont plus applicables, ceux qui sont liés au Temple ou à la terre d’Israël. Seul un tiers environ est applicable. D’autres ont évolué comme la règle du lévirat qui a été remplacé par la cérémonie du déchaussement.
La loi écrite a autorité, mais elle a été interprétée par les sages qui décident dans quelle mesure une loi est applicable ou révocable. C’est la responsabilité des rabbins qui commentent le texte. Un possek est un décisionnaire (pluriel = posskim).
La littérature talmudique n’est pas un code de lois mais une compilation d’avis. Cette loi va faire jurisprudence. La Tora ne surplombe pas l’histoire, elle la traverse.
La loi orale est née de discussion dans les académies. La peur d’un manque de transmission diasporique a entraîné la mise par écrit. La fixation définitive du texte talmudique date du 9ème siècle.
Dans la Tora, il y a complémentarité entre la loi écrite et la loi orale. C’est une dualité voulue ; une loi invariante (écrite) et une loi orale, et qui donc a une certaine vitalité. De même que dans un système constitutionnel, il y a la constitution et la jurisprudence qui peut parfois interpréter fort différemment la même constitution.
Pour faire vivre la loi, il faut des institutions : magistrats ou juges (dayanim ), des rabbins , des tribunaux pour analyser les cas et trancher.
Différentes techniques interprétatives se sont développées. Les diverses écoles se sont développées avec leurs méthodes de raisonnement transmises de maître à disciple. Elles ont permis de survivre à la destruction du Temple.
La destruction du temple a rendu nécessaire la consignation par écrit la loi orale.
Inconvénient perte de la souplesse.
Avantage création d’un corpus.
Aujourd’hui le volume de la loi orale est supérieur à celui de la loi écrite. On continue de l’appeler orale car elle garde une fonction de décision (fonction pratique). Elle permet une lecture de la loi écrite adaptée à notre temps. Ex : peut-on accepter les bébés médicaments ? On cherche des termes connexes ; le statut du fœtus, les règles de survie, etc. On remonte jusqu’à la source : Torah, Michnah, Guemarah, rabbins médiévaux. On tient compte de l’environnement social et l’on utilise sa propre intelligence. C’est avant tout une décision humaine (mais qui se veut encrée dans un corpus de révélation).
Qui prend la décision ? Le possek (décisionnaire), un partenaire de Dieu. Il prolonge le travail de Révélation de la Tora démarche traversée par le divin, mais qui n’est pas à l’abri de l’erreur.
Image l’arbre de la connaissance. Le tronc = la loi, c’est l’axe. Les branches = la somme des connaissances livrées par les posskim
Comment sait-on qui est bon possek ? C’est un mystère. On suit ceux dont on sent l’esprit puissant et qui détiennent une part de vérité. À l’image de Pharaon qui se fait interpréter son rêve par plusieurs mages et qui se rend à l’interprétation de Joseph.
Le catholicisme est un dogme que l’on accepte ou pas. Pour le judaïsme, il y a une pluralité d’avis mais dans des frontières plus ou moins définies (celles de l’interprétation).
Le judaïsme s’est fédéré autour de pratiques et non seulement de croyances. Il y a de nombreux rythes : circoncision, célébration du seder, casherout, offices à la synagogue, shabbat, etc.
La halakha est une charpente. Elle indique comment se comporter. Croire c’est prouver par des actes ce que l’on croit. Aimer c’est un engagement à l’égard de l’autre personne, plus que de la sentimentalité.
Beaucoup de gens sont fascinés par la cabale, mais peu ont vraiment compris de quoi il s’agissait. Ce n’est pas autour de cela que société juive s’est organisée. Sans la halakha , le judaïsme n’a aucune tenue, aucun sens. La halakha est un enjeu important par lequel on exprime sa spiritualité.
Ainsi la casherout et le shabbat sont deux piliers de la réalisation du judaïsme. Par une certaine ascèse, une discipline de vie, on peut accéder à une réalité spirituelle. C’est comme si tout le peuple « entrait dans les ordres » tout en restant dans la société.
Le but n’est pas la valorisation de la souffrance mais la recherche d’une élévation spirituelle à travers des actes de renoncement. Rôle central des mitzvot comme forgeant l’être. Mais c’est encore un tremplin car c’est grâce à cette charpente qu’on peut construire autour les choses essentielles, fondamentales, qui vont compter.
Dans le Talmud , il y a aussi la dualité loi/récit (haggadah). La méthode consiste à commenter une histoire par une autre histoire. Ex : Abraham ne paraît pas chamboulé par la révélation divine, aucune mention de ses sentiments dans le texte biblique. Pourquoi ? Le Midrash donne le récit de l’avant : le père d’Avram était commerçant d’idoles, Avram a douté de leur utilité et il a brisé ces idoles avec un bâton. Quand on dit « il a quitté la maison de son père », cela signifie qu’il a quitté une certaine façon de vivre. Donc l’histoire avait commencé avant. Vrai ou pas ? Peu importe. Le récit apporte un renseignement, une révélation qui est issue d’un long cheminement.
La pensée rabbinique utilise des images plus universelles et plus abordables que des concepts abstraits.





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