, en tout cas pendant l’année de shmita (jachère) qui commence ce Rosh Hashana.
Ce pas important, le premier dans l’Histoire d’Israël, vers la création d’une concurrence en matière de services religieux, aurait dû être franchi il y a longtemps et devrait être suivi par bien d’autres.
Ce type de concurrence, qui va procurer aux consommateurs des prix raisonnables pour les fruits et légumes, tout en aidant les fermiers Juifs à vendre leurs produits pendant l’année de shmita , pourrait être utilisé pour améliorer les autres services religieux. La création d’un organisme concurrent de supervision de la casherout, pourrait servir de ban d’essai à une large gamme de services religieux sous l’égide de l’état.
Le catalyseur de changement n’est autre que le Grand Rabinat lui-même. Cette institution, qui détient le monopole des services religieux depuis la fondation de l’Etat d’Israël, est devenue son pire ennemi. De plus en plus dominé par les intérêts Haredi , le Grand rabbinat est à l’origine d’une situation absurde et intolérable en cette année de shmita : des villes à majorité laïque comme Hertzlya et Bat Yam subiront la férule des standards cachers les plus stricts. Les restaurants et autres commerces alimentaires opérant dans ces villes seront contraints de payer plus cher, peut-être deux ou trois fois plus cher, pour leurs fruits et légumes.
De nombreux restaurateurs et autres commerçants en alimentation ont prévenu qu’ils préfèreraient abandonner leur label de cacherout plutôt que de cèder à la coercition des Haredi . Pendant ce temps, les fermiers Juifs ne pourront vendre leurs produits sous supervision de casherout dans ces communautés. Tout ça parce que les rabbins de ces villes et d’autres comme Afula, Petah Tikva, Rehovot, Richon Letsion, Kfar Saba , Hadera et Jérusalem, refusent de reconnaître l’échappatoire halakhique utilisé depuis le 19ème siècle par les fermiers Juifs échapatoire par lequel, ils « vendent » symboliquement leur terre à des non-Juifs. Cette « vente » (connue sous le terme de heter mechira) tout comme la « vente » du hametz avant Pessah, annule bon nombre de restrictions halakhiques sur les labours, semailles et autres en terre d’Israël et permet aux fermiers Juifs de travailler au cours de l’année de shmita comme au cours une année normale.
Il est essentiel c’est vrai, que les rabbins aient la liberté intellectuelle de décider de la halakha en leur âme et conscience, mais des villes entières ne devraient pas pour autant, se retrouver otages de décisions trop rigoureuses de ces mêmes rabbins . Les habitants devraient avoir la liberté de choisir un autre rabbin aux opinions différentes, plus conciliantes, un rabbin qui prenne en considération des facteurs tels que la situation économique des fermiers Juifs et l’importance de conserver autant de restaurants que possible sous une quelconque supervision rabbinique de cacherout.
Il en est de même pour d’autres domaines où le rabbinat prend des décisions qui affectent la vie de leurs concitoyens. Par exemple les Juges de tribunaux rabbiniques (dayanim ) qui siègent dans les tribunaux de conversions ont le droit de se montrer stricts, mais le postulant à la conversion devrait avoir le droit lui aussi, de choisir un autre tribunal rabbinique moins pointilleux.
L’autorité Nationale de Conversion, parasitée par des lenteurs bureaucratiques et contestée pour sa sévérité, devrait être exposée à la concurrence issue d’autres courants du Judaïsme – Orthodoxes Modernes, Haredi , Libéraux et Massorti . Cela impliquerait éventuellement, des listes de mariage séparées. Il faudrait créer des tribunaux rabbiniques de divorce alternatifs, qui accepteraient d’utiliser les innovations de la halakha comme les accords prénuptiaux ou les annulations rétroactives de mariages, afin d’aider les agunot, ces femmes qui ne peuvent se remarier parce qu’elles sont toujours « enchainées » à un mari intransigeant, (solutions préconisées par le Mouvement Massorti ).
Les rabbins Libéraux et Massorti devraient être autorisés à poser leur candidature à des postes rémunérés par l’Etat. Les habitants de Tel Aviv par exemple, seraient bien plus à l’aise avec un Libéral plutôt qu’avec un Orthodoxe comme grand Rabbin .
On peut arguer que même un état libéral, démocratique peut justifier le fait de donner le monopole des services religieux aux Orthodoxes et même aux Ultra-Orthodoxes . La Grande- Bretagne, l’Italie, la Grèce sont des exemples de démocraties occidentales où la religion est religion d’Etat. Mais pour l’amour du Judaïsme, l’Orthodoxie et l’Ultra-Orthodoxe devrait abandonner son monopole.
Comme il a été prouvé aux Etats-Unis, pays le plus religieux du monde Occidental, la diversité de choix entre les divers courants religieux, favorise la religiosité. Les mêmes arguments présentés par Adam Smith en faveur d’une libre concurrence économique s’appliquent parfaitement à la religion. D’ailleurs, les Américains fréquentent beaucoup plus les Eglises que les Européens parce que les Américains apprécient les nombreuses possibilités de courants religieux qui leur sont offertes alors que les Européens subissent des religions d’Etat centralisées qui interdisent toute concurrence et étouffent dans l’œuf les possibilités de choix.
Une vraie concurrence entre les divers courants du Judaïsme serait une bénédiction non seulement pour le Judaïsme Libéral et Massorti , mais également pour les Orthodoxes . Mais le vrai vainqueur serait l’Etat d’Israël dans lequel, après tout, un peu plus d’identité Juive ne ferait de mal à personne.
Jérusalem Post octobre 2007.





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