Le judaïsme doit apprendre à donner leur place aux personnes homosexuelles et cesser de nourrir des idées qui débouchent sur des agressions verbales et physiques et même sur des meurtres. C’est un scandale pour la Tora que des gens se sentent le droit de tuer au nom de Dieu. Hélas, comme nous le dénonçons régulièrement sur ce site, cela arrive également dans le judaïsme où le fanatisme religieux fait régulièrement des ravages, menant jusqu’à l’assassinat. La responsabilité de plusieurs autorités rabbiniques orthodoxes , qui ont eu des mots très durs relevant d’une mentalité médiévale, doit être réprouvée. On ne peut pas ne pas faire un rapprochement entre des paroles violentes entendues chez quelques rabbins (certains très en vue et influents comme deux ex Grands rabbins d’Israël : Mordechai Eliahou et Ovadia Yossef , mais ils ne sont pas les seuls) et les actes violents observés sur le terrain. "Sages , faites attention à vos paroles" dit prudemment la Mishna , certains rabbins , et pas des moindres, feraient bien d’y réfléchir un peu.
Un rabbin doit aider à apaiser la société, à faire régner la concorde et s’ouvrir aux autres et non stigmatiser et élever un frère contre un autre.
Dans la société israélienne "homo" reste l’insulte la plus courante dans les cours d’école.
Un travail de fond doit être fait à tous les niveaux de la société. Les rabbins ne sauraient ne pas assumer leur part de responsabilité dans la stigmatisation et la haine injustifiée. Le mouvement Massorti a pour sa part fait un très grand travail d’information et de formation de ses cadres rabbiniques. Les homosexuels sont totalement acceptés dans nos communauté. Tout langage agressif est bien entendu banni. Il est dommage que ce ne soit pas le cas partout, car les conséquences sont là.
Notre solidarité va aux victimes de telles violences que rien ne saurait justifier.
L’agression de Tel Aviv, doit encore être élucidée et aucune piste ne peut être écartée. Elle se place cependant dans une certaine continuité d’agressions diverses et dans un contexte verbal haineux connu et injustifiable.
Au lendemain du crime de Tel Aviv, les réactions de responsables religieux orthodoxes , notamment celle du vice ministre de la santé (Rabbin de Yahadout Hatora) et les ministres de Shass laissent sérieusement à désirer et montrent que décidément, il y a encore un énorme travail à faire pour faire bouger l’orthodoxie sur ces questions. Ces mêmes responsables politiques et religieux ont régulièrement stigmatisé les homosexuels, les appelant à se faire soigner par des psychiatres ou les rendant responsables de toutes sortes de maux...
Fusillade mortelle dans un centre gay de Tel-Aviv
Un inconnu a ouvert le feu samedi soir 1er aout 2009 dans le sous-sol d’une association homosexuelle de Tel-Aviv fréquentée par des adolescents, tuant deux personnes et en blessant quinze, avant de prendre la fuite. Les organisations gays dénoncent un crime homophobe.
Un jeune homme de 24 ans et une jeune femme de 17 ans ont été tués sur le coup. Quinze autres participants ont été blessés dont deux grièvement. Le tireur a pris la fuite à pied, immédiatement après l’attaque.
« Il était 22h40 lorsque quelqu’un, habillé en noir et le visage dissimulé par un masque de ski, est entré dans le sous sol. Au début j’ai pensé à une plaisanterie mais il a immédiatement tiré. Personne n’a crié. On s’est jeté sous les lits et les tables . La salle était petite, hormis la terrasse, on ne peut se cacher nulle part », confiait un des adolescents blessés.
« Je suis horrifié de penser que mes parents vont découvrir mon homosexualité à cause de cette attaque », regrette le jeune homme de 16 ans touché au genou et à la poitrine. « Le centre était très convivial, on discutait et on écoutait de la musique ».
Des représentants de la communauté homosexuelle se sont déclarés convaincus qu’il s’agissait d’une attaque homophobe, rappelant que dans le passé des croix gammées avaient été peintes à l’entrée du centre.
La police israélienne a confirmé que ce club, situé à l’angle des rues Ahad Haam et Nachmani, en plein cœur de la ville, n’avait pas été attaqué par des terroristes. « Nous n’en sommes qu’au premier stade de l’enquête, le centre n’avait pas reçu récemment de menaces », a affirmé le chef de la police de Tel Aviv, le commandant Shahar Ayalon. Voulant éviter tout autre bain de sang, l’officier a décidé la fermeture samedi soir d’un des bars homosexuels voisins et demandé à tous ces établissements de se montrer particulièrement vigilants.
Le rôle des milieux religieux orthodoxes pointés du doigt
Dans la nuit, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Tel Aviv pour dénoncer cette attaque. Les manifestants ont aussi accusé le parti séfarade orthodoxe Shas d’inciter par ces déclarations à la haine contre les gays.
Le député israélien Nitzan Horowitz, seul homosexuel déclaré à la Knesset, a jugé qu’il s’agissait « sans aucun doute de la plus grave attaque jamais subie par la communauté homosexuelle israélienne ». « Toutefois, notre communauté ne se laissera pas effrayer, elle affrontera la tête haute et avec fierté tous ceux qui la menacent, à la guerre nous répliquerons par la guerre », a-t-il promis.
« Dans nos pires cauchemars nous n’aurions imaginé que la haine contre notre communauté qui ne fait de mal à personne aille si loin », a renchéri le président de l’association nationale des gays et des lesbiennes en Israël, Mike Hamel.
« Pas étonnant qu’un crime pareil puisse être commis, compte tenu de l’incitation à la haine contre la communauté homosexuelle », a commenté de son côté le président de la communauté gay à Tel Aviv, Maï Pelem, une allusion aux dénonciations virulentes de l’homosexualité par les milieux religieux.
En 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride. Il avait par la suite été condamné à 12 ans de prison.
Malgré l’hostilité que l’homosexualité, surtout masculine, suscite dans les cercles religieux en Israël - qui la considèrent comme une « abomination » -, elle n’est plus passible de sanctions pénales depuis 1988 et certains droits des couples gays ou lesbiens sont depuis lors reconnus par les tribunaux.





9 messages