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Histoire d’amour avec un non juif
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Bonjour,

Voici une question comme beaucoup se posent... J’ai 20 ans, je suis juive

(de père juif né de parents juifs, et de mère juive convertie, de mère chrétienne), et j’ai un petit ami qui n’est pas juif. Il est de famille plus ou moins catholique, mais est athée. Mes parents m’ont strictement interdit toute relation avec lui, du fait qu’il n’est pas juif. Pourquoi ? Je ne sais pas comment leur dire que je suis heureuse avec mon petit ami, et que son absence de religion ne m’empêche pas de pratiquer la mienne... Je sais que je suis encore jeune, mais ce problème me gâche la vie, car je suis obligée de mentir à mes parents, et cela nous met très mal à l’aise, mon ami et moi. Pouvez-vous m’aider ? Comment leur parler ? Que penser de cette situation ?

Merci beaucoup,

Rebecca

Mademoiselle,

Bien évidemment, vous n’êtes pas la seule à avoir ce genre de problèmes.

C’est une question très délicate. Deux intérêts et deux valeurs, respectables en soi, s’opposent.

L’amour qui ne connaît ni frontières, ni barrière et la volonté de s’inscrire dans une histoire collective précise.

À votre niveau, vous défendez votre histoire d’amour et je vous comprends. Du point de vue de l’amour vous avez raison. De leur côté, vos parents voient dans une telle histoire un risque de vous voir vous éloigner du judaïsme et vous inscrire définitivement dans un schéma de transmission raté. Je les comprends également.

Je crois qu’il n’y a pas de vraies solutions. L’amour est une belle chose. La transmission est essentielle. L’idéal est de lier les deux, ce que voudraient vos parents.

Vous n’avez que 20 ans… votre problème n’est pas encore celui de la transmission. Vos parents doivent le comprendre, mais ce n’est pas facile pour eux. De votre côté, vous devez réfléchir sur la signification de l’amour, de la sexualité et la construction d’une histoire ensemble. Vous avez encore le temps pour cela, mais il faudra le faire un jour. Vous comprendrez alors peut-être que les couples mixtes s’exposent à des tensions et des incompréhensions mutuelles qui ne font que grandir et prendre de l’importance au fur et à mesure que le temps passe. Au début, on n’y pense pas du tout. Lorsque qu’on commence à former une famille, les enjeux deviennent différents. Quand il faut choisir un système d’éducation pour les enfants, cela se complique…

Chaque histoire d’amour est une histoire respectable et aucune ne ressemble à une autre. On ne peut donc tirer des conclusions trop hâtives. Cependant, on peut observer des problèmes qui ont tendance à se reproduire chez beaucoup. Il faut y réfléchir sérieusement.

Pour ce qui concerne la question du mensonge, je crois que vous ne devez pas mentir à vos parents. De leur côté, ils doivent accepter que votre vie n’est pas exactement la leur et que vos histoires d’amour ne sont pas forcément définitives…

Bonne chance

Yeshaya Dalsace

9 Messages de forum

  • Histoire d’amour avec un non juif 26 février 2009 07:25, par amar

    Amicalement vous dire que je crains que cet exemple ne convainque personne en vous adressant au seul cas d’une jeune fille. Cela rentre dans le cadre de conseils paternels que l’on ferait aussi pour préserver les études par exemple.

    Que diriez à un couple mixte plus âgé marié (ou pas) avec enfants (ou pas) ?

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  • Histoire d’amour avec un non juif 20 octobre 2009 01:56, par Nini

    Lorsque j’avais 23 ans je suis tombée amoureuse d’un israelien
    la vie nous a séparé( nous vivions tous les 2 en Californie, je suis revenue au Canada et lui en Israel, on s’est perdu de vue.
    Il y a un an le telephone a sonné et c’était lui. ( pendant 15 ans nous ne nous sommes pas parler) Il est marié et ne m’a jamais oublier.
    Nous nous écrivons en amie mais je ne l’ai jamais oublié et lui non plus.

    Si c’était a refaire je ne ferai pas en sorte que la différence de nos religions nous séparent.

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  • Histoire d’amour avec un non juif 20 octobre 2009 20:01

    Chalom Rebecca,

    Simplement pour ajouter à ce qu’a écrit Rav Dalsace et que je partage entièrement que dans votre cas, le fait que votre mère soit convertie et issue d’une famille chrétienne (comme votre petit ami) doit lui rendre encore plus difficile cette situation. Le fait que vous épousiez un non-Juif (même si vos enfants seront juifs) signifierait quelque part l’échec de sa transmission et donc, indirectement, de sa conversion. Le souhait de tout Juif pratiquant est de voir son héritage transmis mais dans le cas d’une personne qui a choisi d’être juif, cela est encore plus fort, plus intense. Je pense que vous devez prendre en compte cet élément dans votre réflexion et vos interrogations sur la réaction de vos parents.

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    • Histoire d’amour avec un non juif 10 juin 2010 13:51, par lirenelle

      Alors ça, fallait y penser...
      Je judaïsme est vraiment la seule religion qui s’inscrive à ce point dans un processus temporel. Ce que vous dites en fait ça signifie qu’une judéité non transmise n’est pas tout à fait judéité ? Donc qu’un des caractère important de la judéité c’est sa transmission ? Et que si la transmission ne se fait pas c’est la judéité en tant que telle qui est remise en cause ?

      Ouahhh.... c’est passionnant. Et un peu effrayant aussi, dans une perspective purement humaine. Mais ça dépasse le cadre, comme d’hab.

      Nathalie

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    • Histoire d’amour avec un non juif 30 juillet 2010 18:58, par citoyendumonde

      Tout ce que vous écrivez laisse penser que seule la génétique produit une véritable judéité ! A partir de combien de générations est-il possible de devenir véritablement juif ? Ce genre de raisonnement était celui des nazis.

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      • Histoire d’amour avec un non juif 1er août 2010 10:47, par Yeshaya Dalsace Webmaster

        La judéité est une condition intérieur liée à l’identité, donc le plus souvent à la naissance (au delà de la part halakhique de la question) et l’engagement quotidien, donc au fait d’oeuvrer dans sa vie spirituelle, culturelle, politique... pour donner expression positive à cette condition intérieure.

        Ce n’est pas de la génétique, c’est du vécu intérieur dans lequel, en effet, la génétique peut jouer un rôle important mais nullement exclusif.

        Yeshaya Dalsace

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      • Histoire d’amour avec un non juif 1er août 2010 16:45

        J’ai utilisé le mot transmission en pensant à une transmission culturelle, je ne pensais pas à de la génétique, mais peut être que ce n’est pas clair dans mon texte. En tout les cas je ne m’instituerais pas experte en matière de judéité, j’essaie de comprendre, c’est tout.

        En tout cas, selon qu’on cherche une définition sociologique ou théologique de la judéité, on a deux types de raisonnements différents. A l’époque ou j’ai écrit ce texte, je les confondais encore. Et puis si on demande à chacun sa définition, alors on a autant de définitions de la judéité que d’Israélites.

        Je n’ai aucune envie de réduire la judéité à ma définition, et je ne suis ni antisémite ni aspirante antisémite, ou alors je ne m’en rends pas compte ! Il ne faut pas confondre maladresse et intention de dénigrer ou de nuire. On peut émettre un avis contestable sans avoir une intention mauvaise. Et la même intention, parfois, formulée avec plus d’adresse, peut donner des phrases sensées.

        Ce que je voulais dire, c’est qu’une personne convertie doit absoluement réfléchir à sa responsabilité en matière de transmission, qui peut être pensée comme test de sa propre judéité (comme celà arrive aussi pour les Israélites de naissance). Je voulais aussi renchérir sur le rôle important de la conversion dans la tradition juive, et qui est, à mon sens tout du moins, à l’origine du soin exigeant que les Rabbins leur consacrent. Je voulais donc dire qu’être Juif est aussi (et peut être en somme essentiellement) une responsabilité, c’est ce qui ressort du texte discuté, non seulement pour soi même mais également pour les générations dont on est porteur (et en cela le Sinaï est une forme de révélation permanente, éternellement actuelle). Si une génération s’éloigne de sa judéité, en commençant le plus souvent par s’éloigner du judaïsme et de la loi juive (c’est lié, quand même...), c’est souvent à la génération d’avant qu’on en reporte la responsabilité, comme s’ils n’avaient pas su faire fructifier l’héritage qu’ils ont reçu de leurs parents dans leurs enfants. Ce rôle de transmission est vraiment central et fait partie de la beauté du judaïsme (et de la judéité).

        Une personne qui applaudit quand la transmission se déroule dans de bonnes conditions, et réfléchit à la judéité comme un ensemble de valeurs et de savoirs à transmettre ne peut pas être antisémite, soyons logiques.

        Lirenelle.

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