Le mouvement massorti français
Questions pratiques
Judaïsme
Culture






Guerre religieuse agricole
 – mots clés
  • Augmenter police
  • Diminuer police
  • imprimer
  • Réaction 2 messages

Des rabbins   religieux sionistes épinglent le Grand Rabbinat Israélien au sujet de la Shmita   (jachère)

Des rabbins   Sionistes Religieux s’en sont pris ce dimanche, au Grand Rabbinat d’Israël, car ce dernier avait adopté une ligne dure concernant l’année sabbatique à venir ou année de Shmita  , au lieu de faire preuve de subtilité en tenant compte des intérêts économiques et des impératifs des fermiers Israeliens et de la plupart des consommateurs Juifs.

« Nous devons briser le monopole du grand Rabbinat en matière de supervision de la Casherout et parce qu’il n’assume plus sa fonction première qui consiste à trouver des solutions Halakhiques au Peuple Juif tout entier. » affirme le Rabbin   Benny Lau, Directeur de l’Institut Beit Morasha, qui forme des rabbins   et des éducateurs. « Je pense qu’un grand mouvement populaire devrait pousser à la création d’un nouveau rabbinat, qui restaurerait la mission historique du Grand Rabbinat ».

Le Rabbin   Yossef Carmel Directeur de l’Institut Eretz Hemda, qui forme les Juges Rabbiniques a aussi lancé un appel au Grand Rabbinat lui demandant d’avoir une approche plus indulgente de l’année de Shmita  .

« Le Grand Rabbinat a le devoir de trouver une solution satisfaisante pour tous, fermiers laïcs et consommateurs inclus, et pas seulement satisfaisante pour les Haredim   (ultra-Orthodoxes  ) » estime le Rabbin   Carmel.

Pour sa part, le Rabbin   Yehuda Gilad, ancien député du parti Labor-Meimad à la Knesset, et membre du Kibbutz religieux Lavi en Galilée, se dit favorable à la fourniture pour les Haredim   de fruits et légumes importés, par déférence pour leurs obligations halakhiques, mais « Je m’oppose dit-il, à l’idée que les Haredim   puissent imposer aux autres qu’ils soient laïcs ou Orthodoxes   Modernes, de se plier aux standards Haredim   de Casherout. »

Les rabbins   Lau, Carmel et Gilad sont quant à eux, tous opposés à la récente décision du Comité Directeur du Grand Rabbinat Israëlien de donner pleine autorité à certains rabbins   qui adoptent les positions les plus contraignantes en matière de Shmita  .

Plusieurs rabbins   régionaux, y compris les rabbins   de Herzlia, Petah Tikva, Bat Yam, Afula et Ashod ont déjà annoncé qu’ils ne donneraient pas le label de Casherout aux restaurants, marchés, et autres lieux vendant de l’agro-alimentaire, qui commercialiseraient des produits issu d’une agriculture pratiquant la « heter mechira » système légal controversé, entrainant la vente de terres Juives à des non-Juifs. Ils espèrent par ailleurs, que Jérusalem avec sa population Juive de 500 000 âmes, bannira elle aussi, tous les produits heter mechira.

Selon la Loi Juive, en effet, les Juifs doivent s’abstenir de cultiver la terre d’Israël tous les sept ans. Pendant cette année de jachère, le labourage, les semailles, la plantation et la taille ainsi que tous autres travaux agricoles sont interdits. Par conséquent, pas de récolte notamment de blé, de maïs, de tomates, concombres pour les terres appartenant à des Juifs, pendant l’année de Shmita  .

Certains rabbins   plus souples, ont autorisé la heter mechira pour les cultivateurs qui ne peuvent en aucun cas se passer de revenus pendant une année. Le transfert de champs d’un Juif à un non-Juif abroge la « sainteté inhérente » de la terre, autorisant ainsi toutes sortes de travaux agricoles.

Toutefois de nombreux rabbins   affirment qu’une telle vente est purement fictive et subséquemment non valable. Il en résulterait une interdiction totale pour cette année, de consommer, de jouir ou de profiter de toute récolte provenant de la terre d’Israël.

Le Grand Rabbinat n’en a pas moins officiellement donné son soutien au heter mechira. Il a même nommé le Rabbin   Ze’ev Weitman, Grand Rabbin   de Tnuva, une entreprise de produits laitiers appartenant à des kiboutzim et moshavim, pour fournir la possibilité de heter mechira aux fermiers.

Même si elle reconnaît en principe la heter mechira comme une solution halakiquement correcte, la Direction du Grand Rabbinat a voté il y a deux semaines une motion déclarant que les rabbins   qui le souhaitent peuvent rejeter la heter mechira.

Le Rabbin   Yehiel Ya’acobovitz, Grand Rabbin   de Herzlia est l’un des rabbins   à avoir adopté une position encore plus dure. Le Rabbin   Ya’acobovitz a refusé de fournir un certificat de casherout à tout commerce servant des légumes heter mechira.

Le 21 Août, Asif Yinov, fournisseur grossiste, à présenté une pétition à la Cour Suprême pour forcer Ya’acobovitz et le Rabbinat à autoriser la vente de tels légumes.

On attend la décision de la Cour Suprême mais le Procureur Général Menahem Mazuz a déjà déclaré que la position du Rabbinat sur l’autonomie des rabbins   locaux était légalement nulle et non-avenue. Pour Menahem Mazouz, le Rabbinat a l’obligation de fournir aux citoyens Israëliens des produits heter mechira s’ils le demandent.

« Ce n’est pas de la coercition religieuse », affirme Shabatai Markovitz, un des dirigeants de Kashrut Le’mehadrin – un groupe de supervision de la casherout sous l’égide du Rabbin   Yosef Yekutiel Efrati, lui-même disciple du Rabbi Yosef Shalom Elyashiv, l’autorité la plus respectée par les haredi   Lithuaniens.

« Nous voulons seulement que la terre d’Israël soit au repos pendant l’année de Shmita  , parce que c’est Dieu qui le veut. » a déclaré le Rabbin   Markovitz Dimanche dernier ; « Si n’importe quel économiste en vogue, affirmait aux Israëliens laïcs que le respect des lois de la Shmita   amènerait une grande prospérité à l’économie Israëlienne, ils le croiraient tous. Alors, comment se fait-il que quand c’est Dieu qui le dit, ils n’écoutent pas. »

Les fermiers qui comptent bien sur la Heter mechira se sentent menacés par sa mise à l’index par une poignée de rabbins   et ils craignent pour leurs revenus.

Yusta Bleier, président de l’Association des Fermiers a déclaré au Jerusalem Post il y a seulement une semaine, que la perte de revenus s’élèverait à 700 Millions de NIS.

Comme riposte le ministre de l’Agriculture, Shalom Simhon a menacé la semaine dernière les haredim  , de sanctions économiques. Shalom Simhon les a prévenus qu’il bloquerait toute importation de fruits et légumes – une des principales sources de produits alimentaires pour les haredim   pendant l’année de shmita   – sauf si le Rabinat retirait son soutien aux rabbins   les plus pointilleux.

Jérusalem Post du 10/09/2007

2 Messages de forum

  • Guerre religieuse agricole 28 octobre 2007 05:19, par Matsav

    Bonjour,

    Tout d’abord je tiens à vous féliciter pour votre site et le travail qu’il représente
    Bien que non Massorti je me rapproche de nombreuses de vos constatations, conclusions et réactions !

    Je suis tout de même extrêmement étonné concernant cet article, il doit à mon avis s’agir d’une traduction d’un papier d’un journaliste peu versé dans la réalité historique des faits ;

    Certains rabbins plus souples, ont autorisé la heter mechira pour les cultivateurs qui ne peuvent en aucun cas se passer de revenus pendant une année. Le transfert de champs d’un Juif à un non-Juif abroge la « sainteté inhérente » de la terre, autorisant ainsi toutes sortes de travaux agricoles.

    Je me permets de rappeler que le "Heter Meh’ira" est né dans les années ou Israël était seul au monde, en mauvais termes avec tous ses voisins et n’avait aucun moyen pour subvenir à ses besoins alimentaires de base de ce fait, de plus économiquement le jeune état n’aurait pu tenir sans cette astuce Halah’ique !
    Aujourd’hui, bien que tout soit loin d’être rose, une paix approximative règne, depuis 2 mois les Palestiniens de Judée-Samarie fournissent une grande partie des légumes du pays, et les importations sont possibles depuis la Jordanie, l’Egypte, la Grèce, la Turquie…..
    Peut être un moyen de rapprocher les peuples, qui sait ?!

    Le transfert de champs d’un Juif à un non-Juif abroge la « sainteté inhérente » de la terre, autorisant ainsi toutes sortes de travaux agricoles.

    Le "Heter Meh’ira" ne correspond pas à un transfert de champs à un non-juif ce qui est strictement interdit par la Torah, mais à une astuce beaucoup plus fine et tirée par les cheveux, en effet cet acte stipule que la partie nourricière de la terre, celle qui permet aux plants de pousser, est cédée au non-juif, Nuance ! et surtout : tiré par les cheveux !

    Malgré le "Heter Meh’ira", certains décisionnaires laissent appliqué les lois de sainteté sur les produits en question : interdiction de jeter tout ou partie des produits....

    Toutefois de nombreux rabbins affirment qu’une telle vente est purement fictive et subséquemment non valable. Il en résulterait une interdiction totale pour cette année, de consommer, de jouir ou de profiter de toute récolte provenant de la terre d’Israël.

    Il y a toujours la possibilité de recourir au "Otssar Bet Din" (principalement pour les fruits) c’et à dire que l’agriculteur transfère la gestion de son champs à un Bet Din qui va faire récolter les produits qui ont poussé et les vendre en lots pour une somme forfaitaire équivalent aux frais logistiques uniquement, l’agriculteur qui est alors employé du Bet Din touche un salaire pour son travail, n’oublions pas de mentionner les nombreuses histoires qui ont eu lieu l’année passée et qui ont largement été rapportées par la presse en Israël et ailleurs concernant des agriculteurs qui ayant pris la décision de respecter l année de jachère, ont vu les miracles promis par la Torah s’accomplir et leur récolte de la 6eme année ainsi que leurs bénéfices multipliés par 3 (voir beaucoup plus) pour compenser les pertes en prévision...
    De plus une caisse centrale approvisionnée par des milliers de Juifs de par le monde par des dons ponctuels ou des prélèvements mensuels permet aux agriculteurs respectant la Chemita de vivre durant cette période !

    Le 21 Août, Asif Yinov, fournisseur grossiste, à présenté une pétition à la Cour Suprême pour forcer Ya’acobovitz et le Rabbinat à autoriser la vente de tels légumes.

    Encore un moyen de créer la discorde dans le peuple et tout cela motivé par des appétits économiques comme à l’accoutumé !
    Pourquoi mêler une fois de plus la cour suprême à des questions Halah’iques qui ne les regardent pas ! si ils ont le pouvoir de faire appliquer leurs décisions, cela équivaut à retirer toute légitimité aux Bâtie Denims !!!

    Le Grand Rabbinat n’en a pas moins officiellement donné son soutien au heter mechira. Il a même nommé le Rabbin Ze’ev Weitman, Grand Rabbin de Tnuva, une entreprise de produits laitiers appartenant à des kiboutzim et moshavim, pour fournir la possibilité de heter mechira aux fermiers.

    Tnuva est une coopérative agricole avant tout ! les produits laitiers ne sont qu’une de ses activités, le mouvement du Rabin Vitman de Tnuva est de sa propre initiative afin de contenter les intérêts économiques du groupe qui est le numéro 1 dans son domaine en Israël

    Yusta Bleier, président de l’Association des Fermiers a déclaré au Jerusalem Post il y a seulement une semaine, que la perte de revenus s’élèverait à 700 Millions de NIS.

    De loin compensé par les bénéfices extraordinaires de la 6eme année, les énormes bénéfices d’importations de la 7eme année (les prix des légumes sont multipliés par 2 ou 3 au minimum alors qu’ils ne coutent pas plus cher à l’achat) ainsi que par le fond d’entraide des agriculteurs respectueux de la Halah’a !

    Comme riposte le ministre de l’Agriculture, Shalom Simhon a menacé la semaine dernière les haredim, de sanctions économiques. Shalom Simhon les a prévenus qu’il bloquerait toute importation de fruits et légumes – une des principales sources de produits alimentaires pour les haredim pendant l’année de shmita – sauf si le Rabinat retirait son soutien aux rabbins les plus pointilleux.

    Et voila cerise sur le gâteau, qui paie pour les quelques requins avides de gains les pauvres "Harédims" comme à l’accoutumé, on parle ici de priver toute une frange de la population parmi les moins riches de ses besoins naturels de base, méthode ou théorie si elle n’est pas appliquée qui peut sans choquer se laisser qualifier d’antisémitisme profond voir....

    Voila il me semble qu’avec ces quelques précisions qui s’imposaient, l’affaire parait plus claire !

    Petite question quelle est l’approche du mouvement Massorti par rapport au "Heter Meh’ira" ?

    Sincères salutations

    Répondre à ce message

    • Guerre religieuse agricole 15 novembre 2007 12:33, par webmaster

      Merci beaucoup pour ces précisions tout à fait utiles.

      L’article n’est en effet qu’un article de journal qui ne rentre pas dans le débat de la Halakha de façon très précise. Nous avons décidé de le mettre sur le site afin de tenir au courant notre public de ce genre de problème.

      Le mouvement Massorti accepte le principe de la vente fictive « heter mekhira ». il prône néanmoins de laisser un champ (ou la partie d’un champ) en friche de façon symbolique.

      Il est vrai que la vente fictive a été introduite à une époque cruciale, celle des pionniers. Il n’empêche que de nos jours la situation de l’agriculture n’est pas forcément économiquement très bonne. Elle reste liée à des questions de survie stratégique par le fait que la plupart des kibboutzim ne pourraient survivre sans l’agriculture et que ses kibboutzim maintiennent une présence juive à des endroits stratégiques, notamment en Galilée.

      Je ne connais pas en détail les problèmes économiques que pose la Shmita, la septième année, mais il me semble clair qu’elle en comporte beaucoup.
      On ne peut raisonnablement affirmer que les solutions proposées par une partie du rabbinat israélien actuel sont acceptables pour l’ensemble du secteur agricole.

      Il me semble que derrière tout cela surgit un autre problème qui est celui de la forme et du fond, de la Halakha et de la méta Halakha. A l’époque de la Bible, tout juif était agriculteur et chacun vivait plus ou moins en autarcie sur son propre terrain (y compris ceux qui liaient à leur agriculture une activité artisanale). L’idée que faire appliquer une septième année shabbatique consistait à redistribuer à tous les profits de l’économie et à obliger les individus à s’occuper une année sur sept d’autre chose que de la matérialité. Appliquer véritablement cela de nos jours consisterait à remettre en circulation au profit de tous, les bénéfices de l’économie quel qu’en soit ses secteurs. L’idée est totalement utopique mais peut sembler formidable. Se serait également très bien de permettre à toute personne active de prendre une année pour étudier ou se consacrer à autre chose que son travail. Cela me semble le véritable esprit de la Shemita.

      De nos jours on arrive à un paradoxe qu’une loi du judaïsme fortement imprégnée d’esprit de justice sociale au profit des plus pauvres en arriverait à sanctionner économiquement un secteur déjà affaibli et donc à créer plus d’injustice sociale.

      S’attacher trop fortement au côté formel de l’aspect agricole n’a pas grand sens dans le contexte actuel.

      En Israël, si quelqu’un désire acheter des fruits et légumes Kashrut Le’mehadrin, il peut très bien le faire. Le problème que soulève cet article c’est la coercition religieuse d’un petit groupe sur le système de la kashrut de grandes agglomérations et sur la tentative d’imposer ses règles à l’ensemble du secteur agricole.

      L’affirmation que cette solution serait plus valable économiquement reste à prouver. Si cela était véritablement le cas personne n’en ferait une telle histoire.

      Cet argument me semble tout aussi spéculatif que le fait d’affirmer que les étudiants en yeshiva servent à la paix du pays…

      La position du mouvement Massorti c’est de chercher à respecter la Halakha tout en restant réaliste et en considérant le bien de toutes les parties. (pas facile !!!)

      Yeshaya Dalsace Webmaster

      Répondre à ce message

Répondre à cet article

b